Une petite information entendue ce matin sur France Inter: selon une étude du Cabinet Suisse Estia, spécialiste des analyses d’impacts environnementaux, se faire livrer ses courses permettrait de diviser par 8.3 les émissions de CO2 (et donc les gaz à effet de serre). Cette étude a été commanditée par l’entreprise Telemarket.fr (appartenant aux Galeries Lafayettes et dirigée par l’ancien DG de Monoprix, qui a été le premier supermaché à faire des efforts en termes de développement durable).
Pour arriver à cette conclusion, l’étude a comparé le mode de livraison de Telemarket, qui va directement livrer les clients à domicile, avec les courses traditionnelles en supermarché ou hypermarché, qui nécessitent à chaque client de se déplacer. Comme expliqué ici:
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“Dans le cas de Telemarket, un camion fait sa tournée et livre plusieurs clients. L’étude explique que pour 15 clients, le transporteur parcourt en moyenne 30 kilomètres (soit 2 km en moyenne par client).
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Dans le cas d’un supermarché, on estime que 37% des déplacements se font en voiture. Donc plus d’un tiers des clients prennent leur voiture et en cumulant le tout on arrive à une moyenne de 140 kilomètres parcourus pour 15 clients (donc 110 km de plus qu’avec Telemarket) !
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Dans le cas d’un hypermarché, souvent en périphérie des villes, les études montrent que 85% des déplacements se font en voiture. La distance entre la maison du client et l’hypermarché est également beaucoup plus importante, du coup on se retrouve avec un total de plus de 590 kilomètres parcourus pour 15 clients…”
Ainsi, en 2007 , Telemarket aurait évité l’émission de 6 583 tonnes de CO2, soit une économie de 449 hectares de forêt qui auraient été nécessaire pour absorber ce carbone (10m2 de forêt préservée a chaque commande).
L’économie d’énergie ainsi réalisée serait de 32,3 millions de kilowattheures, (l’équivalent des besoins annuels en éclairage d’une ville de 186 000 habitants), soit l’équivalent de 3 255 000 litres de gasoil (190 litres par client et par an).
Cela permettrait aussi d’économiser le temps passé derrière un volant (24,6 heures en moins) et le nombre de kilomètres parcourus (1 283 kilomètres) pour aller faire les courses. Sans parler de l’économie de 18 millions de kilomètres sur les routes de France et de la baise des nuisances sonores liées au trafic routier (91%), la réduction de la consommation de ressources non renouvelables de 76% et la division par 10 de l’impact sur les écosystèmes.
Enfin, pour être déjà passée par leurs services sur Paris, les produits sont livrés dans des cartons (pas d’emballages plastiques) et les produits livrés ont des dates de péremption raisonnable (c’était ma crainte perso lors de la première commande!:-). Seul petit bémol: la pub et les magazines que l’on ajoute à chaque livraison sans qu’ils soient demandés… et le fait que l’on ait jamais eu de réponses à nos emails et coups de fil pour réclamer des produits manquants… Et oui, cela peut arriver!:-)
++ Plus d’informations:
- Sur le site de Telemarket
- Résumé de l’étude en pdf

Se faire livrer ses courses diminuerait les émissions de CO2











le 28 juillet 2007 à 11:06:
Je suis toujours prudent devant une étude commandé par le sujet de l’étude. L’auto-évaluation n’est pas la meilleure façon de se contrôler. Sur le principe de s’organiser pour limiter les transports, je trouve ça bien, mais je n’ai pas réussi (en 10 minutes j’avoue) à trouver l’étude sur les 2 sites cités.
Ce qui me chagrine le plus, c’est que l’on mettent en avant les supermarché, et que l’on oublie complètement les commerces de quartiers qui eux ne nécessitent pas de voiture et conservent une activité sociale de proximité.
Dans le cadre de mesure d’atténuation des GES, la livraison groupé peut être une solution. Mais si l’on veut parler de réduction, mieux vaut utiliser des transports sans pétrole.
le 28 juillet 2007 à 11:39:
Il est évident que les commerces de proximité où l’on peut se rendre à pied, en vélo ou par le biais de transports en commun sont une meilleurs option. Mais pour certaines personnes cela n’est pas toujours possible et donc cette solution est un “moindre mal”, d’autant que faire ses courses sur internet, c’est pas mal non plus! Cela reste néanmoins réservé à une certaine catégorie de consommateurs, ayant accès à internet, et acceptant de passer un tel genre de transaction en ligne…
le 31 juillet 2007 à 23:49:
[...] également. C’est le cas d’Emob, de l’âne gourmet, de Blog4Web, d’Ecoloinfo ou encore de [...]
le 07 août 2007 à 16:29:
Ca me semble logique, cette étude… Mais effectivement il existe d’autres alternatives au supermarché. Les petits producteurs de campagne, le marché du village, la livraison de paniers…
le 10 août 2007 à 17:07:
Bonjour, et bravo pour ce blog intéressant.
Comme il l’a déjà été précisé dans les commentaires et dans l’”étude” très indépendante car commanditée par un des principaux intéressés, il est certes plus écologique de se faire livrer des produits que de se rendre en voiture à un hypermarché. Si un camion remplace l’usage de 15 voitures par tournée, et même si ce camion pollue plus qu’une voiture, les économies de Km au total rendent l’opération intéressante (ooshop ou autre prenant le soin d’optimiser leur itinéraire pour aller de client en client dans le plus court laps de temps possible).
Mais cette méthode est l’arbre qui cache la forêt. Ooshop et consorts nous livrent des tomates, des carottes ou des poireaux qui ont fait trois fois le tour de la terre pour parvenir jusqu’à chez nous, pour permettre à ces géants du commerces de gagner 0,05 centimes de marge sur des produits que l’on aurait pu fabriquer en France, et ils ont raison vu que le prix actuel des transports ne reflète en rien le cout réellement payé par l’humanité (puisqu’il ne prend rien d’autre en compte que le prix du carburant et des matériels et hommes nécéssaire à l’acheminement des cargaisons, alors que les dommages environnementaux sont considérables) pourquoi se gêneraient ils ?
le problème avec cet article, c’est l’accroche. Elle sous entend que faire ses courses sur internet c’est écologique. Ainsi, les livreurs à domicile surfent sur le terme sans signification propre de “développement durable” aujourd’hui mis à toutes les sauces.
Le développement durable & les livraisons sont mis en avant par les grandes surfaces, tout simplement parce que les courses à domiciles sont très intéressantes pour celles ci : plus de magasin, seulement des stocks donc : moins de chauffage/clim/d’éclairage à payer et à entretenir, moins de vigils, plus de caissière ou de chefs de rayons, de conseiller d’agents de surface à embaucher et à payer, de parking à entretenir et à surveiller…
En gros, le rêve : des prix identiques voir plus chers qu’en magasin, sans avoir rien d’autre a payer que le stockage et la livraison. Une marge énorme. Des profits énormes.
La seule solution de réellement abaisser les émissions de Co2, c’est d’acheter le plus possible de choses à des producteurs régionaux voir locaux. Le reste n’est que poudre aux yeux. A l’image du terme fourre-tout de développement durable.
Comme le dit si bien l’adage désormais célèbre : “Celui qui croit qu’une croissance infinie est compatible avec un monde fini, est un fou ou économiste”
Le développement durable est donc un non-sens.
le 10 août 2007 à 17:32:
Salut Nitram,
Je suis d’accord avec toi sur tous les points, tes rearques sont fort pertinentes, et c’est pourquoi je préfère le conditionnel “diminuerait”…
Bon, et je confirme, les économistes sont des fous… encore trop ;-) Tant que l’économie n’intégrera pas la contrainte liée aux ressources naturelles, il sera difficile d’améliorer le système économique actuel…
le 26 mars 2008 à 10:07:
Bonjour,
juste quelques mot pour signaler :
1) que c’est nous (Estia) qui avons démarché Telemarket pour réaliser cette étude (et non le contraire).
Nous l’avons fait parce que nous pensons que, s’il faut diviser par quatre notre empreinte écologique, autant savoir où “miser”.
2) cette étude n’a pas pris en compte le différentiel d’impact lié à la consommation de territoire entre le modèle des hypermarchés (parkings gigantesques, bretelles d’accès, surfaces imperméabilisées, etc) et le modèle e-commerce (un dépot et un quai de chargement-déchargement).
3) nous n’avons pas non plus considéré les dépenses énergétiques qui différencient les 2 modèles (éclairage des produits, frigos, …etc).
En fait il est certain que le modèle “e-commerce”est réellement moins vorace que le modèle classique. Il n’a pas été dimensionné pour ça, mais c’est un fait.
Plus il se développe, plus les tournées sont denses, et plus il est “vertueux”.
Ceci dit, la responsabilité de l’acheteur reste entière sur la question du choix des produits locaux, ou respectueux de l’environnement.
Pour ma part, je suis assez partisan de me faire livrer ma lessive et mes pâtes toutes les deux semaines et d’aller au marché pour me procurer des légumes frais et chez le boucher pour choisir une viande locale.