Le Grenelle s’est conclu hier avec le discours de Nicolas Sarkozy, et nous vous proposons aujourd’hui un petite revue de blogs, histoire de voir comment les conclusions des négociations sont perçues… On a beaucoup entendu parler de montagnes et de souris ces derniers temps, mais concrètement qu’en pensent ceux qui suivent ces sujets au quotidien?
Avant les conclusions
En réalité, avant les déclarations de ces deux derniers jours sont parus quelques billets assez intéressants sur la toile. Sur le ton de l’humour, Grégoire, membre de votre green team dévouée, se posait la question du “Menu Grenelle“: du “réchauffement climatique en papillote arrosé d’un soupçon de nucléaire civil” aux “déchets en croute en provenance directe de l’incinérateur“, en passant par “le millefeuille des promesses” servi sur “un doux air de pipeau“, Grégoire s’interrogeait sur les menues avancées probables, pour le coup, des négociations à venir…
Ce ton légèrement “provoc” faisait aussi un peu échos à l’analyse précise et utile d’Isabelle (autre membre de l’équipe d’Ecolo-Info de temps en temps:-) pour qui le Grenelle devrait éviter trois grands risques: celui d’être une simple mascarade (en faisant croire que la France innove par les mesures proposées alors qu’elle ne fait que prendre le train des directives européennes déjà en route), celui de faire de l’écologie “pour les riches” (et donc les mesures fiscales et financières doivent être fortes pour éviter cet écueil) et enfin “celui de faire de l’écologie le dernier bastion de la morale en se tournant avant tout vers la responsabilisation du citoyen“.

Après les conclusions
Le blog Espace Vert de Geo Magazine reprend les grands points du discours présidentiel, alors que l’on peut lire sur le Grenellorama l’ensemble des réactions des “écolos du Grenelle”: Nicolas Sarkozy “témoigne d’un changement de culture (…) Il a annoncé des mesures ambitieuses et mais il reste de nombreuses contradictions“…
Contradictions qui n’échappent par à Fabrice Nicolino, qui établit un parallèle avec la mythologie grecque: l’enthousiasme sur la question des pesticides est un peu précoce en somme…
Cette impression est aussi celle de Denis Delbecq, pour qui “les grands principes annoncés de la future politique écologique française prouvent qu’il s’est vraiment passé quelque chose à la tête de l’Etat (…) Jamais programme n’aura été aussi ambitieux”, mais “sur beaucoup de points, les annonces sont d’un flou gaussien…“
Enfin, les impressions après coup de Grégoire le mène finalement à dire que “tout commence aujourd’hui“, alors qu’Isabelle affirme que “la rupture sur les rails“. Au final, c’est aussi la perception des rédacteurs d’Ecopolit: le Grenelle, ce sont de bonnes nouvelles en demi teintes pour Adrien. “Il ne faudrait pas qu’à l’annonce de grandes décisions écologiques succède un reniement à grands coups d’arbitrages et d’amendements au Parlement (Assemblée et Sénat)” conclut-il. Une conclusion que cautionne également Jonathan en affirmant que “le débat a été plus ouvert que prévu sur les OGM et les incinérateurs, par exemple, mais aussi fermé qu’on pouvait le craindre sur le nucléaire, le moratoire sur les autoroutes et l’électricité de façon générale“.
Sur les questions fermées, vous trouverez notamment l’analyse de Greenpeace, où l’on souligne surtout que “le nucléaire demeure le domaine réservé du président de la République, qui, ce matin même au Maroc, continuait de jouer les VRP d’Areva en donnant le coup d’envoi d’une coopération nucléaire entre la France et le Maroc…”
Conclusion des conclusions
Dans l’ensemble, les efforts effectués sont donc reconnus et l’on félicite les avancées et l’initiative lancée par le gouvernement français sous l’impulsion des associations de l’Alliance. Mais la méfiance et la vigilance sont aussi largement exprimées, teintées même d’un vocabulaire faisant la place belle aux allégories… comme le souligne Denis Delbecq par exemple, “dans beaucoup de domaines, la route sera longue de la parole aux actes, l’enfer est pavé de bonnes intentions” alors que d’autres rappellent que “le diable est dans les détails“.
Au final, on ne peut nier la rupture dans le sens où l’environnement est désormais un sujet à part entière débattu au sein des plus hautes instances du gouvernement, et ce de manière très démocratique (on parle même de “conférences de recherche de convergences“), mais il est évident qu’en la matière, il faut toujours beaucoup de courage pour mener à bout les mesures…
Enfin, puisque nous ne pouvons pas laisser parler la parole à tout le monde dans ce billet, nous pouvons néanmoins vous le demander par commentaire: comment percevez vous les décisions du Grenelle vous?