Pour cette première journée, les débats se sont surtout concentrés sur les médias et l’information du développement durable. De la capacité des médias à cerner les enjeux du développement durable aux controverses scientifiques et à la diversité des sources… Puis à la question de savoir si les médias sont prêts à faire développement durable… Bref, les enjeux de la communication et de l’information sur cette thématique complexe où les journalistes experts sont encore assez peu nombreux…

Bettina Laville (Vraiment durable) soulignera de manière provocante à Jacques Olivier Barthes (WWF) et Allain Bougrain Dubourg (LPO) que le Grenelle est très révélateur en termes de faiblesse des institutions… D’ailleurs, pourquoi les Grenelle sont-ils sollicités à plusieurs niveaux sociétaux maintenant? On lui répondra par la particularité française qui est de construire ainsi son histoire, faite d’hommes et de probabilités… Le Grenelle est un OVNI certes, mais il permet aussi de faire émerger une conscience collective, avec la mise en place d’une société civile responsable qui s’intègre à ces démarches!
On remarquera aussi que le Grenelle s’est présenté comme une partie de poker: les rapports n’étant pas stables, les cartes n’ayant pas été révelées de chaque côté, et le passage actuel de la démocratie participative à la démocratie représentative… Bref, à l’heure où l’Alliance vient de déclarer qu’elle suspendait sa participation au Grenelle, on se rend compte que les choses ne sont pas si simples et qu’il y a de quoi douter des résultats à venir… Il nous faut de la radicatilité, en rupture, avec la recherche de compromis pour ces enjeux…

Bruno Rebelle, Laure Nouahlat (Libé), Vincent Jacques Le Seigneur (INES), Thierry Hommel (IDDRI), Hughes Cochard (Altrnative Channel), Lucien Chabason (IDDRI)
On notera ensuite lors du second ateliers (photo ci-dessus) la nécessité de différencier expertise et sciences: la recherche demande du temps alors que l’information a besoin d’immédiat, si bien qu’il est souvent difficile d’informer sans désinformer, selon Thierry Hommel. Les apports scientifiques doivent composer avec les considérations politiques, l’univers scientifique et la conception citoyenne, naturellement... Bruno Rebelle posera ensuite la question de la qualité de l’information: alors que l’information scientifique est parcellaire, il est important aujourd’hui d’avoir de l’information systémique. Il faut aussi arriver à simplifier l’information sans la tronquer, la sincérité et la légitimité de l’information doivent aussi être prises en compte!
Enfin, alors que l’on parle de la crise des médias, n’est-il pas nécessaire de s’interroger sur la société que l’on veut réellement? Les journalistes travaillent dans l’urgence, et la question à poser est aussi celle de la nature de l’information… Veut-on de la gratuité? De la rapidité? Des annonceurs et de la pub à tout va? La sensation, pour une majorité de journalistes, est donc d’incarner le rôle de communiquants plus que de relais critiques de l’information. Il faut aussi s’interroger sur la notion même de journalisme citoyen… Toute information est pertinente mais comment juger cette pertinence!
Dans l’après-midi, je retiens surtout une discussion au sujet des médias dits “populaires” vs les médias “intellectuels”… Solitaire Townsend (Futerra) raconte une campagne de pub sur Londres l’été dernier où, pour faire passer le message concernant l’extinction des feux pendant une heure dans la capitale britannique, une pin-up était prise en photo dans une ampoule géante… Campagne contestée mais qui a aussi le mérite de poser une vraie question… Que veut la société, quelle qualité de l’information également… La société est-elle prête elle finalement…?

En direct des Ateliers de la Terre #1










