Petit résumé ce soir de mes impressions après la deuxième journée passée aux Ateliers de la Terre hier, avec un peu plus de recul aussi… Véronique Burteaux de l’Ademe a souligné la difficulté d’adapter le message désormais à l’ensemble des journalistes avides d’information au sujet du développement durable. Aux traditionnels journalistes experts (environ une centaine) auxquels l’institution s’adressait se sont ajoutés maintenant plusieurs milliers de journalistes, de secteurs très différents, dont les questionnements sont simples mais appelant des réponses complexes dont la formulation ne peut être faite en 5 minutes… C’est rassurant en un sens de savoir qu’ils sont submergés de demandes maintenant, mais il est facile d’imaginer les efforts supplémen-terre à fournir!:-)
Plusieurs journalistes ont aussi remarqué la manière dont l’accès à l’information se complexifie actuellement. Les “services communication” filtrant l’accès à certains informateurs… A l’image aussi des rapports de responsabilité sociale des entreprises, obligatoires, souvent parfaits et redorant le blason de certaines entreprises, mais soumis à aucun contrôle… Question soulevant donc celle de l’honnêteté des entreprises, alors qu’il est impossible, selon Elisabeth Pastore Reiss (Ethicity), pour une entreprise de dissocier maintenant le fond de la forme… Walter Bouvais (Terra Economica) notera cependant à ce sujet le caractère toujours très mensonger des publicités, notamment pour les voitures écologiques par exemple… Il insistera également sur le manque de formation des journalistes concernant les problématiques du développement durable, mais en soulignant aussi le besoin de renvoyer 60 millions de français à l’école!… Monica Fossati aura aussi cette réflexion intéressante sur le potentiel de communication saine qui pourrait se mettre en oeuvre avec le développement durable. Ne s’agit-il pas en effet d’une bonne occasion pour les journalistes et les entreprises de se réconcilier que de réapprendre à communiquer ensemble maintenant…?
Certains feront la distinction entre médias “intellectuels” et médias “populaires”, mais sans réellement définir la notion de média populaire… S’il se qualifie ainsi de par sa facilité d’accès, cela signifie-t-il qu’il faille encore plus de pub… et quelle qualité de l’information au final…?
Lors de mon atelier ensuite et au sujet de mon intervention (NTIC et DD), deux questions majeures ont été posées: une première par Bettina Laville, s’interrogeant sur le nombre de blogs en France, alors que les Italiens, par exemple, bloguent peu (7% des internautes français bloguent, 0% en Italie)… puis soulevant le rôle du virtuel, et son pouvoir également, notamment au sujet du développement durable… Une autre question que je n’ai pas vraiment comprise au premier abord, formulée par Dominique Martin-Ferrari (Gaïa Tv), au sujet de l’interrogation et l’interprétation que les blogueurs peuvent avoir au sujet de leur activité… Un lieu existe-t-il où les blogueurs débattent, s’interrogent sur la philosophie, la manière dont ils rédigent, etc… Je pense que oui, que chaque blogueur s’interroge un peu! Mais de là à théoriser… J’ai donc évoqué le bouquin de Thierry Crouzet, Le Peuple des Connecteurs, puis ai songé depuis à une autre réponse possible… Le journaliste a le devoir de s’interroger sur son média et la manière dont il fait passer le message, mais le blogueur ne blogue pas par profession… La nuance est importante, en ce sens. Que l’on tienne un blog sérieusement ou en dilettante, il demeure que cet espace d’échange ne relève pas initialement d’une profession… Là réside assurément une raison du manque de production intellectuelle à ce sujet. Cela dit, si vous connaissez des espaces et lieux où une telle réflexion est effectuée, n’hésitez pas à me l’indiquer! Enfin, on aura aussi évoqué avec Bruno Rebelle et un journaliste de Phosphore la question de l’éducation à l’environnement, thème on ne peut plus intéressant!
Enfin, pour terminer la journée un atelier sur les consommateurs… Où Anne Gouyon (Be Citizen, rédactrice du livre Réparer la Planète) utilisera un paradigme du futur: “cela coûte cher d’être pauvre”… car en effet, lorsque l’on ne peut aujourd’hui acheter du durable, à terme cela coûte encore plus cher! Cet atelier s’attardera aussi sur la jungle des labels et la difficulté qu’il y a, même à bac+12, à comprendre et faire des choix parfois… On évoquera le besoin de temps, et d’action concertée, où la logique du 1+1+…+n est plus que nécessaire. Marie-Jeanne Husset, de 60 millions de consommateurs, argumentera ensuite sur la nécessité de ne pas réduire la consommation à un acte de boycott, car tous les citoyens sont consommateurs, et vice versa… Tout est question de conscience, et de moyens… Je regrette juste un peu que cet atelier n’ait évoqué qu’une vision réduite de la consom’action, et ne se soit pas détaché en cela de la consommation… Être consom’acteur aujourd’hui, n’est-ce pas aussi envisager plus d’échange et de troc, plus de recours au recyclage, aux ressourceries, ou à des modes de location de matériel… A repenser l’échange en fait…? A méditer donc dans l’approche de la consom’action…
A noter: l’excellent résumé de la journée part Richard Gonzales, photographe-blogueur dont je suis fan et que j’étais ravie de rencontrer à cette occasion!:-)

En différé des Ateliers de la Terre #2











le 10 décembre 2007 à 13:03:
Moi, j’ai bien aimé cet atelier car il m’a permis de découvrir des Sites servant de base d’information sur l’écologie et le développement durable, dont ton Site, merci Anne Sophie. La deuxième question de Bettina Laville mérite d’être développée un peu plus, car elle nous a interpellé sur le rôle du virtuel sur l’information du développement durable mais en positif et en Négatif. J’ai beaucoup apprécié l’Alerte sur le négatif, car lors de l’utilisation du virtuel et de supports multimédia pour faire découvrir aux jeunes le développement durable et plus particulièrement la protection de l’environnement, on risque de voir apparaitre un raccourci où la protection de l’environnement sera traité uniquement en virtuel et on n’ira plus sur le terrain constater et analyser les problème ou les enjeux… La proposition, de Michel Giran, de verrouiller les supports virtuels si l’internaute ou le formateur ne fait pas l’effort d’aller sur le terrain, et l’empêche ainsi de continuer qu’uniquement sur un support virtuel est une idée assez sympathique. En tous cas, même si des ateliers étaient un peu trop du bla bla inutile, les rencontres autours de ces ateliers étaient très enrichissantes.