Le livre sort aujourd’hui, et aussi bien lui que le reportage à venir sur Arte mardi soir prochain, le 11 mars, ont fait un énorme buzz, sur le net écolo, avant la radio et la TV (en moindre mesure) depuis quelques jours. Mais de quoi parle-t-on plus exactement?
Eh bien du fameux ouvrage de Marie-Monique Robin intitulé “Le Monde selon Monsanto” (éditions la Découvertes) et du reportage associé, “Monsanto, une entreprise qui vous veut du bien“, diffusé mardi soir prochain, le 11 mars à 21h sur Arte.

Pour d’ores et déjà en savoir un peu plus sur ce reportage à ne pas rater, nous vous recommandons cet article de Rue 89 un des premiers papier paru le 16 février dernier. On y apprend notamment que Marie-Monique Robin est lauréate du prix Albert-Londres (l’une des récompenses les plus prestigieuses lorsque l’on est journaliste), et malgré son “habitude des reportages périlleux”, “elle avoue que celui-ci dépasse tout ce qu’elle attendait” et elle se sent “inquiète”. Vous y trouverez aussi un extrait du documentaire (repris ci-dessous) et des vidéos d’une entretien de rue 89 avec la journaliste.
Anne de Malleray, journaliste pour Geo Magazine, a aussi fait un bon billet et une interview vidéo avec Marie-Monique Robin: ça se trouve donc sur l’Espace Vert de Geo. Des extraits du livre sont aussi proposés en téléchargement!
Marie Monique Robin a mis trois ans pour conduire son enquête. Elle qui n’avait pas d’idée préconçues au-delà de son attachement au principe de précaution avoue avoir été surprise de découvrir et comprendre que l”expansion massive des OGM dans le monde résultait au départ d’une manipulation, d’une machination”, car “aucun procédé à aucun test scientifique valable avant leur mise sur le marché. L’autorisation de commercialiser les semences et des produits alimentaires génétiquement modifiés a été le fruit d’une décision purement politique, comme le représentant de la Food and Drungs Administration (FDA), James Maryanski, me l’a avoué devant la caméra” (propos recueillis par Irène Berelowitch pour Arte Edition).
Elle a mené son travail en “épluchant internet”, fouillant et classant les documents selon leur véracité. Elle confie aussi que Monsanto a refusé de la recevoir, elle qui ne demandait pas à rencontrer un chargé de com’, mais des personnes précises… “Finalement, ils ont opté pour le silence - c’est le message que je mets dans le film. Ils m’ont précisé au passage qu’ils m’avaient “google-isée”, moi aussi. Internet est un outil formidable, mais il est à double tranchant: il y a 15 ans, Monsanto n’aurait jamais entendu parlé de moi. Maintenant, il est beaucoup plus difficile de se cacher”.
Sachez d’ailleurs à ce sujet que la problématique des OGM est l’une qui fait généralement le plus de buzz dans les médias (et surtout internet, via les blogs et les courriels), pour un sujet lié à l’environnement. L’an dernier, c’est une vidéo intitulée “Les OGM sont-il mauvais pour la santé? L’étude qui accuse“, qui avait fait le tour des boîtes emails et des blogs, mais dans un contexte éminemment politique (présidentielles), il était difficile de juger d’où venait cet engouement soudain, alors que Nicolas Hulot venait d’annoncer sa candidature, et que José Bové venait de prononcer la sienne…
Néanmoins, cela reflète un certain intérêt de la population en la matière… Même si le graphique ci-dessous fait aussi relativiser l’impact dans les blogs au regard d’autres sujets…

Alors pour compléter le reportage à venir, vous pouvez lire le nouveau rapport des Amis de la Terre: celui-ci révèle que les OGM ont conduit à une hausse massive de l’usage des pesticides et n’ont pas réussi à augmenter les rendements ou à vaincre la faim et la pauvreté dans le monde. Ce rapport coïncide avec la sortie annuelle des données de l’industrie des biotechnologies sur les cultures OGM à travers le monde (accéder au rapport - pdf - qui tire profit des cultures GM?).
Rappelons aussi cette étude de la FAO sortie l’an dernier et selon laquelle “l’agriculture biologique a le potentiel de satisfaire la demande alimentaire mondiale, tout comme l’agriculture conventionnelle d’aujourd’hui, mais avec un impact mineur sur l’environnement”…
A noter également dans les actualités, cette vidéo sur Développement Durable Le Journal: le syndicat Coordination Rurale y explique que “les avantages techniques apportés par le maïs MON 810 sont minimes face au danger commercial. Entre le cours mondial du maïs OGM et celui sans OGM, la décote est de 25 à 50 euros par tonne. Le développement des cultures de maïs OGM en France ferait baisser les prix de 20 à 30 % pour les producteur”…
Pour finir, rappelons tout de même avec Raffa qu’Isabelle Delforge fut pionnière du sujet avec son livre “Nourrir le monde ou l’agrobusiness. Enquête sur Monsanto“, publié il a bien 8 bonnes années: elle y disait déjà presque tout! Comme le signale Raffa, le livre “est disponible dans les Magasins du Monde Oxfam en Belgique. Dans le même genre on y trouve aussi “Chiquita, révélations sur les pratiques d’une multinationale“, tout aussi édifiant (on ne peut plus manger une banane Chiquita ou autre Bonita après ça, voir ici pour avoir une idée).”
Enfin, pour ceux qui auraient loupé ce bel article ce week end sur Jane Goodall dans le Monde2, en voilà un petit extrait, au sujet justement des OGM….
“De très nombreuses anecdotes montrent que les animaux ont une aversion naturelle pour les OGM. Ainsi les oies sauvages ne vont jamais dans les champs de colza à graines modifiées. En Amérique, des éleveurs ont constaté que les vaches préfèrent le maïs naturel au maïs Bt, les porcs dédaignent les rations OGM. Quant aux ratons laveurs, ils dévastent les champs bio, pas les autres. Pourquoi ? Ils développent des sens plus acérés que les nôtres. Une étude systématique réalisée en Grande-Bretagne par le chercheur Arpad Pusztai a montré que les pommes de terre Bt rendent malades les rats de laboratoire. Ce chercheur a été suspendu, puis, heureusement, réhabilité par la revue The Lancet.” (voir aussi la boulimie occidentale si l’article du Monde n’est plus disponible en ligne)
L’objectif de Marie-Monique Robin, “c’est que les gens se mêlent enfin de ce qui les regarde”… A bon entendeur donc…
A noter :
En octobre dernier, j’ai eu l’occasion de rencontrer Jean-Louis Borloo dans le cadre du Grenelle: en concertation avec le reste de l’équipe d’Ecolo-Info, nous lui avions posé une question au sujet des nano-technologies… La question était “comment faire en sorte que la recherche se développe tout en permettant un contrôle réel de l’Etat sur ces sujets (car si on regarde bien, pour les OGM, c’est bien parce que l’Etat a été dépassé qu’il se retrouve dans la situation actuelle) ?”
Le Ministre semblait être déconcerté et nous avait avoué être tout simplement “paumé” sur ce sujet, soulignant que “cette question, avec celle de la brevetabilité du vivant, nécessite un débat public éclairé : il est nécessaire de ne pas reproduire les mêmes erreurs qu’avec les OGM. Il faut aussi faire attention à ce que l’amalgame ne soit pas fait avec la recherche dans son ensemble : ce n’est pas parce que les OGM ne sont pas bons pour nous qu’il faut rejeter les progrès de la sciences !”
Or de nombreuses nanotechnologies sont d’ores et déjà utilisées, pour certains matériaux ou en cosmétique par exemple… Il faudrait aussi donc dès maintenant avoir un oeil sur le sujet, histoire de ne pas reproduire les mêmes erreurs…
++ Plus d’infos ++
- Le monde selon Monsanto” sera diffusé le 11 mars à 21h sur Arte. L’enquête sera également disponible en ligne pendant 7 jours sur le site de la chaîne puis en vidéo à la demande sur www.artevod.com
- Le portail dédié sur le site d’Arte
- Le Blog de la journaliste auteur de l’ouvrage et du reportage, Marie-Monique Robin.
- Médiapart, Ne pas prendre les informations scientifiques pour argent comptant
- Le rapport des Amis de la Terre, janvier 2008
- Le rapport de la FAO sur l’Agriculture Biologique, mai 2007
- Les propositions de l’Alliance pour la Planète concernant les OGM (lire notamment les 10 idées reçues sur les OGM)
- Le Guide de Greenpeace, OGM sans étiquette
- Institut Jane Goodall… “Making the difference every single day”…

Le Monde selon Monsanto et/est/haït votre monde…





















le 07 mars 2008 à 11:13:
Nous les chats on mange bio et on aimerait que tous nos copains de la biosphère (humains compris) en fasse autant.
En tant que Blogeurs non influents, nous vous rappelons ce vieil article sur cityzencats (29 octobre 07) au sujet du zoo de Coppenhague:
“Les chimpanzés sont notamment capables de discerner le bio du conventionnel. Si on leur offre des bananes bio et traditionnelles, ils prennent systématiquement les bananes écologiques, qu’ils mangent avec la peau”, a-t-il souligné. “Ils épluchent en revanche les bananes classiques avant de les manger”.
Le zoo de Copenhague, qui aspire à recevoir le “label vert” (écologique), a commencé l’année dernière à donner 10% de produits alimentaires bio à ses pensionnaires. Il vise cette année la barre des 15%, et espère atteindre jusqu’à 33% d’aliments écologiques en 2005. (source: AFP 2003)
Pour le post sur le zoo bio:
http://cityzencats.blogspot.com/2007/10/zoo-de-copenhague-les-grands-singes-et.html
le 10 mars 2008 à 21:24:
[...] Demain mardi 11 mars à 21H00 sur ARTE : “Le Monde selon Monsanto”, documentaire (suivi d’un débat) sur la multinationale Monsanto, grande promotrice des OGMs et du Round Up (entre autres). D’autres détails sur le docu ici. [...]
le 10 mars 2008 à 21:41:
nous serons nombreux devant notre poste demain soir ! j’avais fait un petit billet le 21 février sur le sujet mais j’ai fait un rappel aujourd’hui
le 18 mars 2008 à 21:41:
Ce n’est pas exactement en rapport mais j’ai appris un fait qui m’a beaucoup intéressé:
Saviez - vous que les abeilles qui butinent des plantes transgéniques perdent le sens de l’orientation? Elles ne retrouvent pas la ruche et meurent. Si toutefois, elles échappent aux OGM et rentrent à la ruche avec du pollen contaminé par d’autres polluants, des “gardiennes” les tuent à l’entrée…
le 18 mars 2008 à 21:50:
Effectivement, l’article sur Jane Goodall est vraiment très intéressant.
Concernant les OGM, je suis assez d’accord pour dire que ce n’est qu’une misère comparé à ce qui se prépare autour des nano-technologies.
J’avais eu l’occasion il y a quelques mois de me pencher (un tout petit peu) sur le sujet : http://2plusn.blog.lemonde.fr/2007/06/04/les-ogm-cest-du-passe/
Et oui, ça fait froid, très froid, dans le dos.
le 10 avril 2008 à 8:27:
[...] ce qui concerne les OGM maintenant, Greenpeace lance une pétition pour soutenir le Commissaire européen à [...]
le 15 avril 2008 à 1:03:
[...] Dans un article co-signé par Jean-Pierre Tuquoi, Laurence Caramel, Laetitia Clavreul et Hervé Kempf, on comprend aussi que les “les organismes génétiquement modifiés (OGM) ne peuvent pas aider à résoudre la crise alimentaire. Les cultures en sont en effet concentrées aux Etats-Unis, au Canada, au Brésil et en Argentine, et il s’agit essentiellement de soja et de maïs destinés à l’alimentation animale. Les firmes promouvant les OGM n’ont pas cherché à développer des variétés adaptées aux pays tropicaux affectés par l’insécurité alimentaire. Ils ne constituent pas pour elles des marchés intéressants.” A moyen terme, si ces mêmes auteurs considèrent que leur utilité est incertaine, il ne faut pas oublier non plus les effets liés à l’usage d’engrais produits par les mêmes firmes semencières (cf. Monsanto). [...]
le 08 mai 2008 à 11:00:
[...] Un petit rappel au sujet du récent reportage de Marie-Monique Robin, Le Monde selon Monsanto. [...]
le 21 mai 2008 à 21:25:
http://sylviejamet.over-blog.com/article-19510159.html
à lire pour tous ceux qui sont soucieux de la sauvegarde de l’espèce humaine :
“Les pollutions invisibles : Quelles sont les vraies catastrophes écologiques?” ,
un livre de Frédéric Denhez.
L’auteur fait le point sur ce qui doit vraiment nous inquiéter et sur les alternatives possibles pour réduire ces pollutions.
Il nous explique, et de façon très claire et très documentée, comment ça marche : métaux lourds, solvants, éthers de glycol, POP, PCB, dioxines, perturbateurs endocriniens, …
Ce sont les grands dangers, ignorés, qui nous menacent le plus.
De véritables bombes à retardements, qui s’accumulent partout au fur et à mesure que nous les produisons !
Partout, jusqu’aux pôles, jusqu’aux lieux les plus éloignés de toute activité industrielle ou agricole :
car les polluants se déplacent, parcourant la planète,
- via les vents (Alizés, Cellules de Hadley, Cellules de Ferrel, …) et les courants marins [courants profonds (lesquels forment un immense "tapis roulant" unique qui circule de l'Océan Atlantique à l'Océan Pacifique et à l'Océan Indien) et courants de surface],
et
- via les chaînes alimentaires (la présence de polluants à des doses infimes générant contamination de tous les maillons d’une chaîne alimentaire par accumulation et concentration).
Les polluants parviennent à toucher ainsi tous les écosystèmes.
Alarmant pour la survie de l’espèce humaine, vu les dommages rencontrés chez les humains lors des catastrophes chimiques (cancers, baisses d’immunités, et, des années plus tard, malformation des embryons, malformations de la descendance conduisant à la stérilité); et si on recoupe celà avec les études faites sur l’animal (stérilité, modification des comportements sexuels, malformation des futures générations, atrophie du sexe chez les individus mâles, voire naissance de femelles uniquement) et avec la hausse considérable, chez l’humain, des cancers (des cancers aux causes non expliquées, et notament des cancers des testicules chez des sujets de plus en plus jeunes), des allergies, la hausse des infertilités et stérilités et la hausse des malformations chez l’enfant, notamment des malformations liées aux organes de reproduction…, le principe de prudence s’impose !
Alarmant, car une pollution faite ailleurs, très loin, c’est une pollution qui revient très vite chez nous.
Dans ce contexte,
la polémique contre MONSANTO,
son désherbant Roundup, et ses OGMs résistants à ce désherbant,
s’insère dans un
PARI MAJEUR :
celui de faire,
là tout de suite,
chacun à son niveau,
en tant que citoyens, consommateurs, électeurs, décideurs, industriels, politiques,
le choix de sauver l’espèce humaine,
l’environnement et notre planète.
le 04 juin 2008 à 12:00:
Les politiques se font manipuler, et sont ignorants. Nous citoyens devont s’informer pour mieux communiquer avec les politiciens locaux et agir. Scientifique, je ne suis pas contre le progrès et les OGM en général, mais je suis farouchement opposé aux OGM actuellement produits dans les champs. C’est une catastrophe écologique, devient un problème de santé publique, et ce n’est même plus économiquement viable.
Pour mieux s’informer sur les OGM, retrouvez une sélection de vidéos très instructives sur les OGM, dont le reportage complet Le monde selon Monsanto (Lisez aussi le livre). Faites suivre l’information.
http://ogm.loribel.com