Ecolo-Info
 Impact du temps sur l’environnement: les transports (2)
De David • 07 juin 2008 •
Catégorie: Réfléchir/Entreprendre, Se déplacer/Bouger

Nous avons vu, dans notre billet précédent, un premier exemple de l’impact du temps sur l’environnement. Nous avons constaté comment cet impact se manifeste dans notre consommation, notamment à travers l’utilisation des produits jetables.

Maintenant, je vous propose d’analyser l’impact du temps sur notre environnement, mais, cette fois-ci en abordant la question des transports.

Sur le plan écologique, les voitures et les avions sont souvent montrés du doigt comme étant sources de pollution (émissions de CO2 et autres gaz à effet de serre).

Interrogeons-nous : est-ce vraiment la voiture ou l’avion la source de cette pollution massive? Ne faut-il se demander : pourquoi avons nous besoin de ces modes de transport? Qu’est-ce qui fait que je vais préférer l’avion au train, le train à la voiture, la voiture à la marche à pied, la bicyclette à la marche à pied? Il faut avant tout analyser nos modes de vie.

Transports: un gain de temps sûrement!

Il suffit de nous écouter, nous manquons tous de temps! Certains d’entre nous ont d’ailleurs horreur de “perdre leur temps”. D’autres ont même l’impression que, dans les grandes villes, les gens ne font que courir, se transformant en des êtres stressés et aggressifs sous la menace de “perdre du temps”.

Cela en devient même une drogue et ce phènomène est très bien décrit dans l’excellent livre de Nicole Aubert: Le culte de l’urgence, une société malade du temps. Tout est dans l’urgence, à la dernière minute. La preuve en est : les sociétés spécialisées sur les créneaux de l’urgence se multiplient et se développent (livraison express, vente de voyages dernière minute, etc…).

De ce fait, urgence oblige… le transport le plus rapide est exigé pour “gagner du temps” sur qui? sur quoi? La question est posée. La notion de temps est subjective. Ce qui peut être lent pour quelqu’un peut être rapide pour quelqu’un d’autre.

Tout écolo que l’on peut être, face à une urgence, pour nous rendre à un endroit particulier, il n’est pas sûr que l’on puisse se passer des modes de transport rapides actuellement décrits comme “polluants”. La pollution, le prix à payer pour répondre à nos urgences?

Exemple de la livraison express

La livraison express combine plusieurs moyens de transport (avion+camion) pour acheminer le plus rapidement possible un colis. Comparé à un mode de transport plus lent, la logistique est moins optimisée, on met plus de camions sur les routes. Avec un délai un peu plus long, on remplit plus facilement les camions et on optimise les livraisons. Ecologiquement parlant, la livraison express émet plus de CO2 qu’une livraison classique.


Certaines personnes ou organisations souhaitent être livrés rapidement. “- Il vous le faut pour quand? - Pour hier!”. Cette expression est pratiquement devenu un terme courant. Achat de dernière minute, organisation dans l’urgence, flux tendu, mauvaise gestion de stock … la livraison “express” rend bien des services tout particulièrement quand par exemple:

  • “Mince! J’avais oublié l’anniversaire de ma soeur…. Vite, il me faut trouver un cadeau pour demain”
  • “Arghh! J’ai plus de cartouches d’encre! Il m’en faut absolument une nouvelle pour ce soir”.
  • “Arghh! Rupture en stock! Le client veut le produit rapidement”
  • “Ah! Je suis en retard pour mon RDV de 16h00! Taxi!”

Bref, vous comprendrez que les raisons que l’on peut se donner sont multiples, mais sont surtout liées à l’individu, sa façon de s’organiser et de gérer son temps. Tout cela a donc un impact sur les moyens de transports utilisés. En somme:

Individu pressé => Livraison Express => Avion + Camion supplémentaire => + CO2 émis

Finalement être écolo (en matière de transport), ne serait-ce pas simplement être prévoyant, organisé et… prendre le temps…?

Florian Roulies Croque l\'Actu - Réalisme

La contrepartie: le prix à payer

Il semble qu’il y ait bien un prix à payer. Diminution des réserves énergétiques non renouvelables, réchauffement climatique, pollution, problèmes de santé et d’environnement… ce n’est peut être pas la génération actuelle qui paiera la facture mais la génération future. D’une certaine façon, ce “gain de temps” ne se fait-il pas au détriment de la génération future et de leur “temps” futur?

Même si ce n’est pas ce que nous voulons intentionnellement, il faudra plus que des initiatives individuelles pour répondre à cette problématique de nature collective. Notre mode de vie s’est construit sur une mobilité rapide, individuelle et accessible à tous grâce au pétrole.


Lorsqu’il n’y aura plus de pétrole ou que ce dernier sera excessivement cher, mes enfants auront-ils encore accès à des modes de transports individuels rapides? Quelles seront les conséquences?

Est ce que fonctionner dans l’urgence est compatible avec notre environnement? Et plus largement avec le développement durable?

Conclusion… dans le prochain billet;-)

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David Profil atypique... environnement, économie, écologie, social, transversalité, durabilité, cofondateur de Tout allant vert.
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5 Réponses »

  1. je suis d’accord à 100%, le secret, c’est de basculer en mode de vie “slow-life”

  2. Pour les pressés parisiens, je constate avec satisfaction chaque matin et chaque soir en faisant le trajet entre chez moi et mon travail que le vélo est bien plus rapide que la voiture. Et voilà que je me faufile entre 2 voitures coincées dans les embouteillages, et un petit coucou amical à un autre cycliste urbain, et hop les gambettes musclées pour aller faire la belle sur la plage cet été ! ;-)

    Même constat pour les sociétés de coursiers à vélo qui vous livrent souvent bien plus rapidement que la Poste ou que d’autres transporteurs nettement plus polluants. Parisiens, pensez à faire appel à VéloCité ou à La Petite Reine pour recevoir vos colis urgents ou satisfaire vos clients efficacement et proprement!

    Voilà donc comment combiner dans certains cas urgence et écologie. Alors réfléchissez bien avant de grimper dans une voiture ou un taxi, ces moyens de transports ne sont pas toujours aussi rapides qu’on veut bien le croire…

  3. Alix: merci de ce message. En effet, dans les grandes villes comme Paris et la région parisienne, c’est l’effet rebond…. et en effet, les transports collectifs sont en général plus rapide que la voiture. C’est le cas bien spécifique des grandes villes comme Paris et la RP.

    Tout le monde prend sa voiture => espace réduit => embouteillages => perte de temps, ce qui fait qu’aux heures de pointe, c’est extrêmement galère et que les transports en commun sont bien plus avantageux (notamment métro/vélo voir à pied).

    Les solutions vélos sont une solution viable comme tu dis dans des cas bien spécifiques (pour une circulation intra-muros dans Paris) et à ce sujet, la politique de Paris va dans le bon sens notamment avec le développement du Vélib. Combiné aux métros, c’est nettement moins perte de temps.

    Les grandes villes de toute facon n’ont plus le choix. Avec un espace/personne qui se réduit de plus en plus… il faudra de toute façon à terme se passer des voitures qui sont couteuses en espace pour les grandes villes (parking, etc….) Des solutions sont à inventer en terme logistique.

  4. citation : “Les solutions vélos sont une solution viable comme tu dis dans des cas bien spécifiques (pour une circulation intra-muros dans Paris)” ;
    le vélo est aussi un moyen de transport intéressant même en zone sub-urbaine; l’augmentation du temps de trajet dans ce cas n’est majoré que de 25 à 40% par rapport à la voiture .
    De plus et surtout …
    J’ai fait un calcul qui peut donner l’ampleur
    de la consommation énergétique d’une voiture ;
    prenons un trajet quotidien domicile / travail / domicile de 15+15 kms A/R ;
    à vélo, sur une année ( environ 206 jours ) la quantité d’energie
    fourni par le bonhomme est d’environ 144 kWh . En voiture,
    pour le même trajet, la conso de 144 kWh correspondra à
    cinq jours d’utilisation (*) .

    Le rejet de CO² ( pour la voiture ) est de 166 gr/km soit 1031 kg sur l’année…
    presque le poids de la voiture .

    Et ce n’est pas tout : quand on est seul au volant (c’est souvent le cas) ,
    on ne représente que 5% du poids total véhicule + individu ;
    en somme on ballade 1200 kg de ferraille pour … RIEN !!!

    (*) : calcul basé sur la dépense énergétique d’un individu de 408 kcal/h
    ( vitesse de déplacement à vélo 20 km/h en moyenne ) et sur une consommation du véhicule
    de 7 litres aux 100 km .

  5. Point important contre la voiture, et la vitesse instantanée :
    elle a un coût financier, donc un coût en temps de travail.
    on va aparemet plus vite, mais on consacre plus de temps à travailler pr ce transport

    c.f. en html :
    http://209.85.129.132/search?q=cache:9QNqzp9ObUQJ:www.carrevert.net/IMG/comparatif.pdf+cout+transport+voiture+temps+travail&hl=fr&ct=clnk&cd=39&gl=fr&client=firefox-a
    en pdf : http://sites.univ-provence.fr/dipaac/Acces_libre/doc_doc/INDEMNITES%20TRANSPORT/Prise%20en%20charge.pdf
    page 3 :
    roller, vélo, train : 17,5km/h réels
    voiture (en comptant 12€/heure de travail) : 11,6km/h réels

    en fait, selon une autre étude, seuls les milliardaires gagnent du temps avec la voiture,
    les autres substituent du temps de travail au temps de trajet : ils travaillent pour pouvoir venir travailler en voiture.

    autre lien utile, sur le site de JM Jancovici :
    http://www.manicore.com/documentation/deplacements.html

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