Ils sont partis depuis le 2 juin. Le rythme est intense. Malgré cela, Gilles m’a répondu et j’ai le plaisir de vous retranscrire ci-dessous notre petit échange au sujet du projet qu’il accomplit avec deux amis, un périple qui les amène à parcourir l’hexagone à la rencontre de solutions et de personnes agissant dans tous les domaines du développement durable: habitat, aménagement du territoire, énergies, agriculture… Les interviews et reportages réalisés sont publiés sur leur blog (www.tourdefrance.vivelaterre.com), avec l’objectif de valoriser des initiatives déjà existantes qui proposent des solutions pour une activité et des comportements plus respectueux de l’environnement. Bref, il suffisait d’y penser : un petit travail introspectif sur ce qui se fait dans notre environnement proche, ici en France…
Bonjour Gilles,
Alors, nous nous sommes déjà rencontrés l’an dernier, lors de la signature du pacte écologique de Nicolas Hulot. Je ne me souviens pas qu’à l’époque tu m’aies parlé de Vive la Terre: quand est née cette association et le projet de faire un tour de France des bonnes pratiques du DD?
Oui, je me souviens très bien, nous nous sommes rencontrés dans ‘l’effervescence’ du Pacte écologique, en janvier 2007, lors de l’engagement des candidats devant les 50 “citoyens témoins” dont nous faisions partie. La première édition du Festival Eidos du film de l’environnement et du développement durable, projet que j’ai lancé avec mon équipe d’Audencia en 2005, venait de s’achever. A travers des films - nous avions entre autres projeté l’avant-première de “Vu du Ciel” avec Yann Arthus-Bertrand et “Une Vérité qui dérange” d’Al Gore - et des rencontres avec des explorateurs, des scientifiques, des aventuriers, nous souhaitions organiser un évènement interactif dédié au grand public. Pari réussi avec plus de 1300 visiteurs sur deux journées !
La création du Festival Eidos nous a amené à rencontrer des personnes, à échanger lors de conférences et de salons. Le pacte écologique est arrivé, accélérant le prise de conscience des enjeux écologiques à tous les niveaux, et quelques mois plus tard, le Grenelle. Autant d’opportunités de développer une “culture” du DD, et de faire émerger en nous de nouvelles idées! Fin 2007, l’idée d’un “Tour de France” m’a traversée l’esprit. La création de l’Association Vive la Terre, que j’envisageais depuis plusieurs mois pour créer un club de “reporters citoyens”, a trouvé tout son sens dans l’organisation de ce périple.
Est-ce à force de voir des jeunes partir faire le tour du Monde que vous vous êtes dit: “pourquoi aller si loin et ne pas regarder ce qui se fait ici?”
Oui, en partie. Des initiatives comme le tour du monde en “80 hommes” de Sylvain Darnil et Mathieu Le Roux, ou le périple de la famille De Cherisez - pour ne citer que les plus connus - ont inspiré la démarche.
J’étais plutôt intéressé par leurs aventures et leur motivation à découvrir l’ailleurs pour rechercher des solutions aux enjeux environnementaux, économiques, sociaux… ce qui a contribué a cette idée : il est temps de faire un état des lieux d’initiatives mises en oeuvre ici en France, dans notre environnement proche, et qui se proposent comme autant de solutions pour inventer une relation plus harmonieuse avec notre environnement naturel, social, économique.
Mais c’est aussi le fruit de nombreuses rencontres avec des hommes et des femmes de terrain, explorateurs, aventuriers, etc.
Parle nous un peu de tes compagnons: quand vous êtes vous rencontrés? Etiez vous tous aussi convaincus par les problématiques du développement durable lors de votre rencontre? Qui fait quoi dans l’équipe? Est-ce Nicolas Hulot qui t’a donné envie d’aller plus loin que tu ne le faisais avant?
J’ai discuté de cette idée avec Hélène et Bertrand - deux camarades rencontrés à l’école (Audencia, l’ESC Nantes), qui ont accepté de me rejoindre pour organiser ensemble cette aventure. Nous avions déjà travaillé ensemble lors du Festival. Il semblait naturel de les y associer pour mener ce nouveau projet collectif ensemble ! Nos points de vue différent sur nombre de thèmes et nous sommes plus ou moins “engagés” à titre personnel et dans le milieu associatif. Mais nous sommes tous les trois sensibles aux enjeux d’un “développement durable”, et bien décidés à découvrir des choses qui marchent en France, pour améliorer notre relation à notre environnement naturel, social, économique…
Concrètement, quel va être votre parcours? Comment avez vous sélectionné vos projets? Quelles thématiques allez vous privilégier?
Notre parcours…. un vrai Tour de France ! Nous sommes partis de la région parisienne vers l’Ouest - Angers, Rennes, Brest… - pour redescendre vers La Rochelle, Pau, Toulouse, Montpellier… puis remonter vers l’est jusqu’à Lille. Bref, nous ferons étapes dans de nombreuses villes et surtout campagnes de l’hexagone.
Les thématiques ? C’est ambitieux, mais nous nous efforçons de couvrir le champs le plus large possible pour refléter la diversité des enjeux : agriculture, bien sur, mais aussi habitat, énergies, santé, aménagement du territoire, gestion des espaces naturels, préservation du patrimoine - car un développement maitrisé implique aussi de savoir d’où l’on vient, et de préserver en partie ce qui est (je pense notamment au patrimoine naturel).
Nous avons pré-selectionné quelques 250 initiatives - à l’aide de rencontres, d’un travail de documentation, de discussions et d’échanges. Nous avons été aidé par quelques scientifiques et historien, puis avons sollicité le WWF qui nous a conseillé et éclairé.
Pour vous déplacer, ce n’est pas en vélo hein…?;-) Alors plutôt train et location de voiture ou seulement une Seat, comme j’ai pu voir parmi les sponsors? Pourquoi ce choix?
Nous aurions pu effectuer ce Tour de France en vélo, mais cela nous aurait demandé plusieurs mois, que malheureusement nous n’avons pas (nous sommes encore étudiants).
Un des objectifs du Tour de France est d’identifier des initiatives exemplaires qui témoignent notamment de la possibilité d’un “mieux” environnemental. Notre partenariat avec Seat nous semble cohérent avec cette démarche. Il nous semblait naturel de sélectionner la démarche la plus exemplaire chez un constructeur automobile, d’autant plus que nous avons reçu un écho favorable auprès de Seat. Ce constructeur propose l’un des seuls véhicules sur le marché avec de telles performances (99g de CO2 au km en moyenne, et une cnsommation de 3,8 litres au 100km)…. Les économies d’énergie ne sont-elles pas la première source d’énergie dans le futur ?
Notre partenaire principal, Suitehotel, nous fournit également les moyens logistiques et financiers nous permettant de concrétiser notre Tour de France du développement durable. Nous avons rencontré chez Suitehotel des gens à notre écoute, très intéressés par notre démarche à titre personnel, et qui nous ont tout fait pour nous aider, apportant une aide précieuse à la réalisation du projet.
Que comptez vous faire de vos observations par la suite?
Durant le parcours, nous publions chaque jour sur notre blog des reportages, articles et vidéos afin de rendre compte de notre aventure et de nos rencontres.
Notre projet, à moyen terme : un livre rassemblant l’ensemble des témoignages recueillis. Et ce n’est qu’un début ! Nous réflechissons à l’analyse des données recueillies et au prolongement de l’aventure par des travaux et des actions menées dans le cadre de l’association Vive la Terre (www.vivelaterre.com).
Vos projets professionnels respectifs? Vos enseignements en école de commerce vous ont-il bien aidés? Les techniques de management et de gestion des entreprises enseignés sont-elles imprégnées de DD?
A titre personnel, mon projet professionnel a bien évolué depuis un an. J’ai effectué plusieurs stages dans le secteur “traditionnel”, dans la grande distribution notamment… pas toujours concluant. J’ai envie d’autre chose, de pouvoir donner un véritable sens à mon orientation professionnelle et à ma vie - au-delà de tâches souvent répétitives et de produits qui a mon avis n’apportent pas grand chose, ni en terme d’alternatives pour la planète, ni pour moi…
Le développement durable émerge peu à peu dans notre formation. A Audencia (ESC Nantes), notre école, un “Centre pour la Responsabilité Globale” a été créé. Il propose des enseignements optionnels, des rencontres avec des professionnels, et nous permet de réaliser des audits d’entreprises engagées pour connaitre et diffuser des “bonnes pratiques”. Mais il reste du chemin à parcourir pour que cette nouvelle façon de “penser” et d’agir dans le “business” se propage à l’ensemble des disciplines… et influence les étudiants, futurs managers.
C’est avant tout me concernant l’investissement associatif (mené en parallèle à notre formation) et ma sensibilité à ces thématiques qui m’ont permis de développer cet intérêt pour le DD.
Et le Grenelle dans tout ça: en êtes vous satisfaits? Qu’espérez vous pour la suite?
C’est un peu tôt pour juger… il y a de bonnes idées, et beaucoup, beaucoup de choses à mettre en place. En espérant que les mesures annoncées, en matière agricole notamment, ne cèdent pas sous le poids des lobbies…
Merci Gilles! Profitez bien des 10 derniers jours de votre Tour de France, et tenez nous au courant de vos impressions finales au retour!:-)
++ Plus d’infos:
- Association Vive la Terre
- Le Blog du Tour de France du DD
- Le Tour du Monde en 80 Hommes
- A noter: Conférence de presse de l’équipe du Tour du France du DD le Mardi 1er juillet 2008 de 11h30 à 12h30 à l’hôtel Suitehotel Porte de Montreuil, 22 Avenue du professeur Lemierre - 75020 PARIS - La conférence sera suivie d’un cocktail.

Le Tour de France du développement durable























le 22 juin 2008 à 7:28:
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ASPECT SOCIETAL DU « DEVELOPPEMENT DURABLE »
Mixité mieux que parité et conciliation des temps de vie pour l’homme comme pour la femme.
- Place de l’Humain.
Le « développent durable » s’appuie sur trois piliers : économique, environnental et sociétal. Car rien n’est faisable sans l’Humain !
Et, c’est dans cette logique, que lorsque les partenaires sociaux sont invités à s’exprimer sur des sujets comme la mixité dans l’entreprise et la place des femmes ou bien la conciliation des temps de vie, ce n’est pas au Ministère du Travail qu’ils se rendent, mais à celui du Développement durable !
Détaillons quelque peu.
- Constat du déséquilibre.
A ce jour, persiste toujours un écart de 25% entre le salaire moyen des hommes et celui des femmes… S’il faut être positif, alors soulignons que cela est infiniment mieux que dans les années 60 où cette différence flirtait avec les 50% ! Est-ce pour autant satisfaisant ? Bien évidemment non !
Est lié à cet aspect financier du déséquilibre, la ségrégation pratiquée dans l’attribution de responsabilités : d’une manière plus ou moins consciente, les différents acteurs de la vie professionnelle -tant masculins que féminins, du postulant à un poste au décideur- ont encore tendance à spécialiser le rôle social de l’homme et de la femme au détriment du potentiel de l’individu, quelque soit son sexe. Ce frein à l’égalité génère un « plafond de verre », un « plancher collant » qui empêche les femmes d’accéder en plus grand nombre à des postes de direction : L’exercice du pouvoir reste un apanage masculin…
Hommes et femmes ne sont pas en égalité dans l’entreprise : Plusieurs enfants, c’est plutôt favorable à la carrière d’un homme, et défavorable à celle d’une femme. C’est ce qui appelé la « notion de l’escalier inversé ».
- Une explication culturelle.
Ne nous voilons pas la face, la phallocratie y est pour beaucoup… En effet, à qui les lois -faites historiquement par les hommes- n’ont-elles régulièrement reconnu qu’une citoyenneté de second rang sinon aux femmes ?
Sans s’y étendre, il fallait mentionner ce travers… Cela étant fait, arrêtons nous sur un autre aspect.
Dans le cadre d’une société agricole, la répartition des tâches s’effectuait pour beaucoup sur base de la force physique : les hommes aux labours, à la forge, etc., les femmes -qui alors travaillaient toutes- s’occupant des animaux plus petits de la « basse-cour », de la préparation des repas nombreux car en ces temps, les ouvriers agricoles l’étaient également, sans oublier l’entretien des vêtements pourtant appropriés à des travaux difficiles dans les champs. La notion alors très forte d’ « habits du dimanche » illustre, en creux, cette réalité d’une autre époque… Autre époque car la « révolution industrielle » est apparue et avec elle l’exode rural.
Mais les mentalités sont restées. Et les femmes se sont retrouvées en ville trop souvent « enfermées dans la cuisine »…
Bien sur, elles sont entrées dans ce qui est appelé « le monde du travail », parfois par la force de circonstances dramatiques, comme dans le contexte du premier conflit mondial, mais souvent aussi par une volonté active et positive d’émancipation comme la revendication du droit à l’éducation et du droit de vote pour n’en citer que deux.
Aujourd’hui, fort heureusement, plus personne ne taxe de « mauvaise mère » celle qui travaille, ce qui reviendrait à transformer la maternité en piège, et rares sont ceux qui osent encore professer que les femmes devraient rester « à la maison ». Il est admis dans la culture française que les femmes sortent de la sphère du privé.
Pourtant, l’écart de salaire indiqué dans les premières lignes de cet article illustre qu’encore aujourd’hui, les femmes sont considérées comme une force d’appoint et non comme un véritable moteur de l’économie.
Il faut en conséquences accepter de revisiter les rôles de l’homme et de la femme : l’homme doit prendre plus de place dans la famille, aux femmes de l’accepter et, conséquence logique, la leur évoluera dans l’entreprise.
- L’équilibre visé.
Le vocable « équilibre » nous vient du latin libra qui signifie balance. Il faut donc comprendre « forces égales » ou « égalité de forces ». En d’autres termes, il s’agit de casser la marginalisation dont les femmes font l’objet, sans pourtant jouer la carte de l’opposition, et encore moins de la guerre des sexes car cet objectif ne pourra être atteint qu’avec les hommes et non pas contre eux… Sans oublier les métiers où se sont ces derniers qui, sans raisons objectivement défendables, sont minoritaires… Il faut donc favoriser une plus grande mixité, dans les différentes branches professionnelles, comme dans la hiérarchie.
« L’équilibre visé » disions-nous il y a quelques instants. Mais il faut parler au pluriel car un autre équilibre est aussi dans le viseur : la conciliation des temps de vie. Manquer d’équilibre en favorisant sa « carrière » au détriment de sa famille revient à risquer la pérennité de celle-ci : pour favoriser la conciliation de ces deux pôles indispensables à la réalisation et à l’épanouissement de soi, les solutions existent : création, de crèches interentreprises, de services de garde d’enfants malades, de repassage, d’horaires individualisés. Tout cela afin que les couples bi actifs aient à leur disposition toute une panoplie d’outils facilitateurs qui doivent se révéler comme étant de véritables passerelles reliant deux mondes qui ne sont pas antinomiques : vie professionnelle et vie familiale. Pour la femme, comme pour l’homme !
- Concrètement.
Comment dépasser le stade des « vœux pieux », des paroles sans lendemain, des intentions qui restent lettres mortes ? Comment œuvrer pour obtenir autre chose qu’un équilibre instable ou un équilibre précaire, ce qui serait pour le moins renversant ? Ou comment passer des actions sporadiques à l’enracinement de l’égalité professionnelle dans le quotidien de l’entreprise ?
Il nous est possible, par un changement de culture, de faire évoluer les mentalités. A commencer par la notre (croyons nous qu’au féminin « il regarde assis dans le salon la télévision » se dit « elle fait debout dans la cuisine la vaisselle » ?).
La concrétisation visée ne se fera pas non plus contre les employeurs mais avec eux, dans une perspective de dialogue, par la mise en place d’une communication visant à ce que ceux-ci demandent le « Label Egalité Professionnelle » AFAQ/AFNOR
Et il est préférable de parler mixité plutôt que parité car il serait regrettable que des quotas écartent des compétences…
Si ce qui est ambitionné ici semble irréaliste, il faut se remémorer qu’une des leçon apportée par l’Histoire est que « l’utopie d’aujourd’hui est la réalité de demain »…
- Pour conclure.
La LIBERTE de l’Humain passe par une EGALITE de droits pour les deux entités qui le compose. Et seule cette égalité, en excluant tout apartheid, permet une pleine FRATERNITE des sexes.
« Rester à la maison » est respectable et doit être respecté.
Si c’est un choix éclairé et partagé.
« Travailler » est respectable et doit être respecté.
Si c’est un choix éclairé et partagé.
Et dans des conditions juridiquement identiques avec des chances qui le sont donc également !
COLPIN Didier
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