Ecolo-Info
 Où que vous soyez, c’est à vous de jouer !
De Olivier • 03 juillet 2008 •
Catégorie: Réfléchir/Entreprendre

Le marché des services et solutions écologiques explose et donne plein de nouvelles idées à de nombreux jeunes entrepreneurs. Si vous leur demandez ce qui les a amené à entreprendre, la plupart répondent, et moi le premier, “J’ai eu besoin d’avoir un métier plus en adéquation avec mes convictions personnelles”. Si vous leur parlez du projet économique de l’entreprise beaucoup vous feront part de leur souhait de construire un monde différent ou le projet et les hommes qui le mènent seraient à nouveau mis en avant face à la recherche de profits court terme.

Ces green entrepreneurs sont partout: sur le web, dans les magazines, à la radio, à la télé. Ils sont à la fois patron et militant. Du fond de notre canapé on a parfois l’impression que tout est rose pour eux, qu’ils ont réussi. Et on se dit “boaf, et moi j’ai toujours mon boulot comme tous les autres. Je fais rien de mal, mais qu’est ce que je fais de bien ?”. Pourtant on ne se voit pas créer notre propre entreprise, pas l’idée, pas l’argent, pas le temps, pas l’énergie. Bref, la création d’entreprise, ce n’est pas pour nous.

Alors on va laisser les autres changer le monde et se laisser guider ?

No way !

Ces centaines d’entrepreneurs qui créent leur association ou leur entreprise sont en train d’impulser un mouvement, mais ils seront incapables de faire bouger quoi que ce soit tout seul. D’ailleurs entre nous, ce n’est pas un petit millier de TPE qui vendent des produits écolos qui vont répondre à l’urgence climatique. D’autant que la plupart de ces entrepreneurs (dont je fais partie) ce sont lancés sur des services, de la publication ou de la diffusion de produits plus clean que les autres. Et les petits jeunes que nous sommes ne sont pas près d’avoir le capital nécessaire à la mise sur le marché de nouveau procédés industriel de masse.

Image Photo Libre

La vraie révolution, c’est dans les entreprises existantes qu’il faut la mener.

Elle peut être menée de deux façons.

La première est accessible à tous : participez à faire changer les habitudes de l’entreprise.
On peut commencer par des trucs tout petit.

  • C’est vous qui gérez la machine à café ?
    Et si on virait les gobelets plastiques pour les remplacer par des tasses ?
  • Vous faites régulièrement 2 heures de route pour une réunion d’une demi heure ?
    Et si on passait sur skype ? Investissez dans une très bonne webcam et un super micro, prenez le top du top. De toutes les façons 200 km * 40 cts = 80 euros, donc ça sera remboursé en moins de deux télé-réunions… Dans mon entreprise, nous avons décidé de nous déplacer qu’en cas de force majeure.
  • Clim ? Pas Clim ?
    Difficile de la supprimer, je vous l’accorde. Proposez un sondage sur le sujet et définissez ensemble les températures-palier. Comme ça, plus de débat.
  • Vous êtes chef d’entreprise ?
    Partagez avec vos salariés les bénéfices économiques de vos actions écologiques. Ainsi vous ne pourrez pas être considéré comme un rapiat ! Je vous propose même de les partager en 3. Un tiers pour l’entreprise, un tiers pour les salariés (sous forme de prime, de cadeau, de sortie ensemble), un tiers pour la cause (financer le nettoyage d’une rivière ou une étude sur la disparition des abeilles, faites un don à une asso).

La seconde manière d’engager la révolution n’est pas donnée à tout le monde : Faites changer l’offre produit de votre entreprise

Photo Libre image bureau

Prenons l’exemple, que je connais bien, des fournitures de bureau. La création d’un bureau sur la terre impulse un souffle nouveau, montre à tout le monde que les fournitures de bureau écologiques c’est possible et depuis longtemps. En mettant les deux pieds dans le plat, l’entreprise amorce quelque chose. De nombreux clients sont heureux de participer à cette aventure, à la fois pour la qualité des produits que pour l’esprit qui anime l’équipe. Pour autant, la jeune pousse, aussi virulente soit elle, n’est pas près d’atteindre le chiffre d’affaire d’Office Dépot. Elle a lancé une boule de neige, mais il n’y a que les gros du marché qui peuvent concrétiser l’avalanche. Si vous bossez chez Office Dépot, vous pouvez changer le monde, en mettant en place une offre verte ET en vous assurant qu’il ne s’agit pas d’un lavage de cerveau à la sauce green attitude. Pas de peinture verte svp, ça pollue !

Toujours sur l’exemple des fournitures, vous pouvez instaurer une politique prix écologique.
Vous êtes speed ? On vous livre en 12H chrono.
Vous avez le temps ? Si vous acceptez d’être livré dans 5 jours vous aurez 5% de remise, dans 10 jours 10% et dans 15 jours 15%. De votre coté vos camions seront mieux remplis et vos stocks mieux gérés.

Entreprendre ce n’est pas forcément créer une entreprise de toute pièce. Entreprendre, c’est mouiller sa chemise pour créer quelque chose de nouveau.

Images: Photo Libre

3 Réponses »

  1. Merci olivier pour ce billet. Ayant travaillé dans le secteur du conseil en DD auprès de grandes entreprises il y a plusieurs portes d’entrée, au contraire, chacun avec ses avantages et inconvénients que tu cites.
    Selon moi, cela se résume en:

    1) FAIRE BOUGER LA DIRECTION —
    - Soit faire bouger les choses depuis l’intérieur: difficile, nécessite d’avoir les bonnes connexions, une volonté politique, les moyens, etc… => potentiel énorme mais très long, lent à mettre en place
    - Soit faire bouger les choses depuis l’extérieur (style ONG): partenariats type WWF-Entreprise

    2°) SOIT ETRE A LA DIRECTION
    - Soit incarner soi même le changement et on a la chance de faire partie de la direction de l’entreprise (ou de l’influencer ce qui dépend bien sur de la taille de l’entreprise)
    - Ou bien incarner le changement à travers la création d’entreprises avec des critères DD et écologiques.

    Entreprendre de toute façon nécessite de se fixer des objectifs, de disposer des moyens ou d’essayer de les obtenir (en interne notamment) et tu as raison de dire qu’on peut très bien entreprendre en interne (mais c’est pas donné à tout le monde): je connais très bien des gens qui ont proposé un “business plan” interne ou études coûts/bénéfices avec chiffres à l’appui qui se sont soldés par des opérations positives.
    .

    .

  2. Quand on est à l’intérieur d’une multinationale, on est tout petit, et même changer les habitudes autour de la machine à café est quasi-impossible. (l’arrivée des dosettes est un bon exemple dans mon anciennes boîte).

    Ce n’est pas pour ça qu’il faut baisser les bras.

    J’aime bien l’exemple d’un copain, qui s’obstine à faire la tournée et éteindre les lumières, écrans, etc à son étage dans sa grosse boîte: et quand on lui demande ce qu’il fait, il répond “je suis en train de sauver des ours polaires”. Depuis, ces collègues éteignent les lumières et disant “c’est pour sauver les ours polaires!

  3. L’important c’est d’arriver à changer les raisonnements standardisés. A oser y croire et essayer !
    L’actualité nous le rappelle : avant hier qui pensait qu’INGRID reviendrait en forme ?

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