Ecolo-Info
 Rencontre avec Caroline Manuel, fondatrice de l’Atelier des Dames…
De Anne-sophie • 23 juillet 2008 •
Catégorie: Créer/Bâtir, Etre/Paraître

Caroline m’a écrit il y a un mois environ, pour me présenter son initiative. Et là, coup de coeur! Des créations de bijoux éthiques vraiment très belles réalisées à partir… d’écailles de poissons. Des créations pour les Dames, mais aussi pour les petites filles. J’ai donc voulu en savoir beaucoup plus sur la démarche de Caroline et elle a gentiment accepté de se prêter au jeu pour Ecolo-Info! Rencontre avec une créatrice de fantaisie éthique et chic vraiment douée.

Bonjour Caroline, quel a été votre parcours avant l’Atelier des Dames et comment vous est venue cette idée?

Après un bac art plastique, j’ai intégré une filière commerciale à travers un IUT et une école de commerce, puis j’ai terminé sur un MBA et une thèse. Suite à mes différents voyages, j’ai décidé de m’investir dans le commerce équitable, faire du business c’est intéressant mais le faire éthiquement l’est encore plus. Lors de mon séjour au Brésil, j’ai donc découvert cette activité surprenante : le recyclage des écailles de poissons. Pour améliorer leur niveau de vie, les femmes de pêcheurs du village de Cabo Frio récupèrent les écailles et les travaillent selon un procédé unique pour créer des bijoux. Souhaitant valoriser ce savoir-faire, j’ai créé la première marque de bijoux de haute fantaisie labellisée commerce équitable : L’atelier des Dames. Mon projet est tout simplement né d’un coup de foudre avec ce pays et ses habitants, et un produit écologique innovant : « des bijoux fabriqués à partir de matières essentiellement écologiques ».
En créant L’atelier des Dames j’ai pu réalisé ma passion tout en ayant une démarche éthique et écologique.

Comment travaillez vous et comment cherchez vous vos partenaires au Brésil?

J’ai deux partenaires principaux. Premièrement, la collectivité de femmes de pécheurs de Cabo-Frio est l’atelier de fabrication exclusif des créations. Une quinzaine de femmes travaillent aujourd’hui à la main sans machine. L’argent récolté permet également le financement d’une école du travail de l’écaille afin de perpétuer ce savoir faire unique. Deuxièmement, un regroupement de jeunes femmes issues de « favelas » de l’état de Rio de Janeiro se charge de la fabrication des emballages. Il s’agit de filtres à café recyclés et transformés en de très jolis emballages.
J’ai déjà rencontré mes partenaires à deux reprises. De la première rencontre est née l’idée et de la deuxième l’accord. Elles font aujourd’hui partie de ma famille, nous avons une relation soutenue avec des mails quotidiens et des appels téléphoniques réguliers. Je pense que si nous conservons une relation agréable et équitable, le travail devient un plaisir.

Les matériaux utilisés… comment vous est venue l’idée de les utiliser?

Les matériaux utilisés sont essentiellement écologiques. Nous recyclons les écailles des poissons utilisés pour nourrir le village, il n’y a donc pas de pêche spéciale, nous profitons des arrivages naturels. Ensuite nous travaillons l’écaille grâce à un procédé gardé secret et nous utilisons des colorants à base de café, de chocolat ou encore d’ibiscus. Quant aux emballages ils sont confectionnés à partir de filtres à café recyclés.
Les autres matières sont composées d’acier inoxydable traité dermatologiquement contre toute allergie et de médailles fabriquées à la main.
Le « plus » apporté est également un gage d’authenticité et de qualité. Chaque création est une pièce unique numérotée, réalisée avec des écailles traitées, teintées à partir de colorants naturels et taillées à la main. Le bijoux est vendu dans son emballage en filtre à café, agrémenté du célèbre porte-bonheur “Lembraça do senhor do bonfim da Bahia” et d’une carte en papier recyclé expliquant la démarche et donnant un numéro unique au bijou.

Le commerce équitable aujourd’hui constitue un choix naturel pour vous. En parlez vous avec vos collaborateurs? Quelles sont vos certifications? Comment les bijoux sont-ils acheminés?

Aujourd’hui, nous devons être conscients de l’enjeu de la mondialisation et nous devons construire durablement cette relation entre pays. J’ai choisi le commerce équitable parce que chaque individu devrait avoir le droit au travail et à une vie digne.

La démarche équitable est pour moi primordiale, elle s’exprime non seulement dans la relation commerciale mais également dans la démarche créative. Je dessine les différents modèles en collaboration avec les artisanes qui les fabriquent à Cabo Frio afin qu’elles puissent librement y ajouter leur touche personnelle.

Permettre aux artisanes de Cabo Frio de vivre dignement et durablement de leur travail constitue l’un des engagements de l’atelier des Dames ; dans le respect de la charte de La Plateforme pour le Commerce Equitable (PFCE).
J’en parle le plus possibles avec mes boutiques mais le nombre de personnes sensibilisées par cette démarche éthique reste minoritaire.

Mes bijoux sont aujourd’hui acheminés par voix aérienne en payant une taxe écologique. Je suis actuellement sur un partenariat éventuel pour grouper mes envois avec une marque de vêtements fabriqués au Brésil afin de diminuer l’impact sur l’environnement. La démarche écologique est pour moi primordiale, mais comme L’atelier des Dames est une jeune marque, il me reste encore certaine chose à améliorer afin d’avoir une démarche optimale.

Quelle est votre gamme de prix?

Les bijoux de L’atelier des Dames ne coûteront pas plus chers que ses concurrents en haute fantaisie, les créations vont de 35 euros à 110 euros. La différence se fait au niveau interne car il y a une réduction de coût grâce à l’absence d’intermédiaire et des marges moins importantes.

Et Votre plus belle création?

Mes plus belles créations sont celles où je mélange les objets chinés d’antiquité avec mes écailles de poissons. Deux univers se rencontrent et cette opposition me fascine.

Quel est votre rêve aujourd’hui…?

D’ici fin 2008, je souhaiterais que L’atelier des Dames soit présenté dans plus de 30 boutiques en France. Des actions de communications sont en place telles qu’un contrat coup de cÅ“ur offert par l’agence de presse parisienne Kingcom et la présence de L’atelier des Dames au prochain Ethical Fashion Show d’octobre 2008.

Mon rêve est tout simplement de pouvoir vivre de ma passion et de créer des emplois supplémentaires non seulement au Brésil grâce à notre école mais également en France.

Pour l’instant alors, où peut-on acheter vos bijoux?

Les bijoux de l’atelier des Dames sont disponibles sur www.eboutique.latelierdesdames.fr mais également sur des sites partenaires et dans des boutiques multimarques.

Eh bien merci à vous Caroline! Votre initiative est vraiment très belle, dans tous les sens du terme! Bravo, nous vous souhaitons plein de réussite!

++ Pour aller plus loin ++

5 Réponses »

  1. Je me permet juste de signaler que j’avais aussi réalisé une interview de Caroline Manuel il y a quelques temps. On retrouve parfois la même chose, mais il y a aussi quelques différences. Je vous met le lien à tout hasard : http://www.ekitinfo.org/lejournal/spip.php?article82

  2. Bonjour,
    Et bravo Anne-Sophie pour cet entretien! Il se trouve que j’ai rencontré Caroline hier, qui est une fille vraiment adorable et dont les bijoux, en plus d’être éthiques, sont magnifiques!
    L’ensemble de la collection sera en vente dans ma boutique Alter Mundi Bordeaux à partir du 2 septembre et Caroline viendra elle-même rencontrer les personnes intéressées et curieuses le samedi 13 septembre de 14h à 19h à la boutique! (Alter Mundi 16 rue des bahutiers 33000 Bdx tél : 0556445437)

  3. Bonjour Anne Sophie, Mélanie, Guillaume,
    Merci a vous pour votre soutien et votre encouragement!
    Vous avez été adorables avec moi.
    Bien a vous.
    Caroline

  4. Anne-so, je vais reprendre l’info sur cityzencats avec lien vers ici
    pour ma rubrique mode

    ;-)

  5. [...] l’été 2008 nous fait découvrir de beaux projets… Après la rencontre avec Caroline Manuel et ses bijoux en écailles de poisson du Brésil la semaine derniÅ, partons aujourd’hui vers d’autres cieux, du côté du Mont Ventoux, en France, à la [...]

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