A force d’entendre parler de crise, il a bien fallu un moment ou un autre que vous tombiez sur un sujet comme celui-ci sur Ecolo-Info. J’essaye donc de me lancer sur ce sujet de manière transversale en vous exposant mon humble point de vue.
En ces temps de crise financière, économique, politique, sociale mais aussi écologique, il m’est apparu, au cours de mes réflexions, un point commun à toutes ces crises que nous traversons: elles ont toutes quelque part comme cause fondamentale: une perte de connexion, non pas de ligne ADSL, mais une déconnexion avec le monde du réel. Elles seraient toutes générées par la perte de lien avec la réalité?
Comment cela…? Une déconnexion avec le monde réel? Etudions chaque crise, une à une.

La crise financière: déconnexion de la sphère économique?
Revenons à la crise financière qui nous secoue actuellement. Beaucoup d’analystes le disent, cette crise financière, c’est avant tout une déconnexion du monde financier de la sphère économique. C’est là un point intéressant. Certains disent qu’à vouloir faire de l’argent uniquement avec de l’argent, de manière totalement déconnectée de la réalité économique (des acteurs de l’économie, sur le terrain), cela ne pouvait durer et la crise que nous traversons n’est qu’un triste retour à la réalité.
Comme tout retour à la réalité, cela s’accompagne souvent d’une phase de panique, de doute, parfois d’une bonne gueule de bois et au final un réveil matinal très difficile. Ce n’est pas pour rien, si on parle parfois de “dépression”.
Le système financier a sa raison d’être (soutenir l’économie), mais certains ont cru qu’on pouvait s’en passer finalement. La machine s’est emballée. Les fondamentaux se sont avérés ne pas être solides (exemple de la crise des subprimes) et “crise, nous voilà”! Certains d’ailleurs opposent la finance en tant que système “virtuel” à l’économie le monde “réel”.
La crise politique: déconnexion des élites de la réalité du terrain?
Qu’en est il de la politique? Nous pouvons aussi parler de déconnexion de la réalité en cette matière, i.e. lorsque les élites sont complètement déconnectées de la réalité du terrain, que les décisions politiques ne sont plus prises par rapport aux réalités du terrain, mais basées sur des vues de l’esprit ou des perceptions idéologiques.
D’ailleurs, on évoque souvent les termes de “rupture”, de “décalage”, de “fracture” qui peut exister entre les élites et les gens sur le terrain. On parle d’ailleurs de “crise de confiance”. Cela génère en général mécontentement, méfiance, perte de confiance vis à vis de l’autorité et des politiques, et multiples crises sociales.
La crise économique: déconnexion du marché de la réalité économique ?
Les crises économiques ont toujours été complexes. Il n’y a à priori pas une seule explication mais plusieurs. Je tacherais ici de me concentrer sur une qui me semble importante: la déconnexion du marché face aux réalités économiques.
La majorité des français n’ont pas vu leurs salaires augmenter alors que les prix ont flambé: le passage à l’euro, l’augmentation du prix du logement, du prix à la pompe, des prix des produits alimentaires etc. Certains statisticiens de l’INSEE nous affirment que le pouvoir d’achat n’a pas diminué. Pourtant, la réalité démontre que plus en plus de gens sont pauvres, précaires, plafonnant au SMIC.
Des critiques fusent concernant la façon dont est mesuré ce fameux pouvoir d’achat. Cette mesure serait elle déconnectée de la réalité? Un indicateur que l’on a peut être oublié: la durée moyenne des crédits immobiliers n’a fait qu’augmenter (on est passé de 15 ans en 1997 à 20 ans en 2007 en moyenne, selon une étude récente d’un courtier dans l’immobilier). Personnellement, j’en connais même qui sont allés jusqu’à s’endetter à plus de 20 ans (quelle folie).
Au bout d’un moment, les salaires ne peuvent plus suivre et les achats ne peuvent être uniquement financés par des crédits, c’est la rupture, la réalité nous rattrape, les gens réfléchissent deux fois avant de dépenser… On se serre la ceinture, c’est la crise de la consommation avec comme conséquence directe une crise de la production, se transformant en crise économique et renforçant la crise financière actuelle.

La crise écologique: déconnexion de notre société de la réalité physique
Enfin nous arrivons à la thématique qui nous intéresse plus particulièrement sur Ecolo-Info, la crise écologique. Ou comment nos sociétés se déconnectent totalement de la réalité du monde physique.
Pour de multiples raisons, nous souhaitons fermer les yeux sur plusieurs réalités du monde physique, parce que cela nous arrange, parce que nous nous accrochons à nos illusions (rappelez vous la caverne de Platon), parce qu’accepter la vérité serait trop inconfortable (certains évoquent d’“une vérité qui dérange”) et remettrait en question beaucoup de choses, parce qu’il est préférable de remettre à demain ce que nous pouvons faire aujourd’hui ou parce qu’il est plus facile de ne rien faire.
C’est ce que nous faisons avec certains problèmes écologiques (et pas que écologiques!), nous les remettons toujours à plus tard: contamination polluante, réchauffement climatique, pollution, épuisement des ressources, disparition du pétrole, etc. A force de ne pas vouloir prendre “à bras le corps” ces problèmes, la réalité risque un jour de nous rattraper tôt ou tard et cela risque de faire…mal.
D’ailleurs, dans la politique d’état ou d’entreprise, c’est parfois un vrai syndrome où les décisions sont sans cesse reportées (car période non propice: élection, budget, etc…)… on attend la fin de son mandat pour “refiler le bébé” au prochain. Les chefs d’entreprise sont tout autant concernés. On est frappé actuellement par la faible capacité d’adaptation et le manque d’anticipation du secteur “automobile” et bien d’autres, touchés de plein fouet par la crise. Il n’ont rien vu venir semble-t-il (augmentation du prix du pétrole, des matières premières, évolution de la demande, etc.)… ou croisaient les doigts pour que les crédits accordés aux particuliers se fassent de manière infinie!
La crise écologique: déconnexion de l’espèce humaine des autres espèces vivantes
La vision “holiste” donne une autre vision de la crise écologique. Nous oublions aussi que nous faisons partie d’un “tout” (un écosystème global) et que nous sommes tous inter-connectés y compris aux autres espèces vivantes sur Terre: en cela, nous payons de manière indirecte l’impact sur d’autres espèces. Par exemple, quand la chaîne alimentaire est contaminée par des polluants ou des pesticides, certains oublient que nous faisons aussi partie de cette chaîne. Nous oublions aussi que certaines espèces font partie de la chaîne “de vie” et qu’en disparaissant…disparaît tout un écosystème (faune et flore comprise).
En cela, la biodiversité et la lutte contre l’extinction des autres espèces nous concerne tout autant. Nous nous déconnectons peu à peu des autres espèces vivantes à cause d’une vision très anthropocentriste (tout centré autour de l’homme). Cela va encore plus loin puisque nous arrivons même à nous déconnecter des individus de notre propre espèce via le culte et le développement de l’individualisme (disparition du “lien social” et quelque part une forme de “crise sociale” où l’individu est de plus en plus perdu).
La crise écologique: déconnexion de l’espèce humaine de son écosystème ?
Nous nous déconnectons de notre environnement physique, de notre planète. Or, elle nous rend tant de services gratuits: traitement de l’air, traitement des déchets, ressources, source d’eau, source d’énergie, et nous avons besoin d’elle. Les “vacances” sont une manière pour de nombreux urbains de reconnecter avec elle (bizarrement, c’est à la mer, à la montagne, à la plage… jamais dans un coin bétonné où l’on veut passer ses vacances).
En modifiant massivement notre environnement (urbanisation, construction de toute part,…), nous modifions l’écosystème global de la planète sans nous apercevoir. Nous fabriquons et répandons des molécules nouvelles sur toute la planète sans connaître les effets sur notre environnement ou sur notre santé.
La crise écologique: déconnexion de la production de la consommation?
Nous sommes arrivés à un point même où nous ne savons plus de quelle manière est produite ce que nous consommons et de quelle façon. De fait, nous avons perdu pied avec la réalité et notre seul indicateur de comparaison, c’est le prix. Sont oubliés au passage les conditions de travail des employés qui fabriquent et distribuent ces produits, les ingrédients ou composants utilisés, la manière dont c’est fabriqué (utilisation de produits toxiques, de pesticides), les effets sur la santé, voire parfois la qualité…
Le prix, toujours le prix et uniquement le prix, qui amène aux dérives et abus que nous connaissons. Sont sacrifiés sur l’autel du prix et la rentabilité: notre environnement, notre santé et notre futur. Alors quand les enfants des villes sont emmenés à la campagne ou à la ferme: c’est la redécouverte! Et non, les poissons panés ne sont pas naturellement comme cela!
Cependant, la crise écologique a une différence majeure avec les autres citées plus hauts. Réponse dans la conclusion.
Conclusion: la crise, une opportunité de changer!
Pour conclure, les crises - quelles que soient leur nature (économique, financière, social, écologique) - semblent être une façon de nous dire que nous sommes déconnectés de la réalité. La crise ne fait que manifester cette distance par rapport à la réalité. Il y a probablement des signaux qui peuvent nous alerter (ex: alertes scientifiques, rapport GIEC, les ONG, etc…), mais le manque d’observation ou d’écoute - ou tout simplement notre aveuglement - fait que nous nous retrouvons parfois de manière déconcertante, radicale et brutale face à nos responsabilités et à la réalité du monde.
Il est intéressant de savoir que le mot “crise” trouve son origine dans le mot grec “Krisis”, qui signifie “décision”. En chinois, il est composé de deux idéogrammes signifiant “danger” et “opportunité de changement”. Dans un cas comme dans l’autre, “crise” représente “le moment opportun pour la décision”, “le temps de choisir”, mais aussi l’occasion de changer.
La réalité finit toujours par nous rattraper. Et en cela, les crises sont finalement révélateur d’un danger proche (avec ses signaux), nous offrant l’opportunité de changer et s’ajuster à la réalité, à notre nature. La question est: est-ce que nous allons saisir cette opportunité? Ou fermer les yeux? Affrontons les problèmes à bras le corps! Ayons le courage d’aller de l’avant!
La crise écologique: une crise pas comme les autres
Autant pour une crise financière ou économique, cela relève d’une manière de s’organiser entre êtres humains, impactant un système “virtuel” et des ressources “virtuels” comme l’argent, qui ne sont qu’un accord commun de donner de la valeur à un bout de papier.
Autant, en ce qui concerne la crise écologique, cela affecte directement le monde physique qui nous entoure et en cela, nous n’avons qu’à une seule chance. La planète, on n’en a qu’une et “si on se plante”, on risque de ne pas pouvoir revenir en arrière (car nous risquons alors à ce moment d’avoir un seuil critique dit de “non reversibilité”, simplement pour des raisons de lois physiques). Voilà le défi qui nous atttend. Alors oui, les crises, même si elles ont un aspect négatif, ont du bon! Elles nous mettent surtout face à nos responsabilités et nous préviennent du danger. En cela, elles sont des opportunités de changement. Tout dépend finalement de comment nous allons ou voulons réagir.
Décrochons-nous de nos illusions… et reconnectons-nous à la réalité et à la vérité, reconnectons nous à la nature et notre environnement (écologie), reconnectons nous à notre vraie nature (spiritualité, développement personnel), reconnectons-nous aux autres et à la vie autour de nous (biodiversité, solidarité)… c’est le meilleur moyen de se préparer face aux crises à venir et de les surmonter!

Crises et réalité, sommes-nous en train de perdre pied?





















le 30 novembre 2008 à 20:49:
Excellent article ! Plein de bon sens … Et du sens, c’est parfois ce qui manque dans nos vies survoltées.
le 30 novembre 2008 à 21:07:
Et bien, quel billet!
Très bien rédigé et très intéressant. Merci.
Si “la crise” pouvait être narré ainsi dans les médias.. la peur ferait place à la réflexion.
le 30 novembre 2008 à 21:22:
[...] Pour en savoir plus, rendez-vous sur Ecolo-Info. [...]
le 30 novembre 2008 à 23:56:
[...] En ces temps de “crises” multiples: crise écologique, crise économique, crise financière, crise social, crise politique… je vous propose de lire mon point de vue sur le sujet, dans un article que j’ai rédigé pour Ecolo-Info: “Crises et réalité, sommes-nous en train de perdre pied?”. [...]
le 03 décembre 2008 à 20:48:
l’ethymologie est toujours porteuse de sens. Si nous les écolos nous plantons là, on aura que les yeux pour pleurer. Cette crise est une immense opportunité pour faire passer nos idées. Merci David d’avoir si bien concentré tout cela. Il faut buzzer : cet article est clair, limpide. Et vive la biodiversité !
le 04 décembre 2008 à 15:58:
excellent de lire tout ça.
je ne suis pas partisane de faire de la crise écologique une crise complétement à part :
de notre relation à l’argent découle notre relation au matériel et à l’immatériel, de notre relation à l’autre découle notre organisation sociétale, et notre relation au vivant, donc à la nature aussi. l’humanité peut basculer sur tous les plans et oui la crise a cela de positif elle pousse un vent nouveau.
J’ai revu hier La belle Verte dont voici un extrait à propos : http://fr.youtube.com/watch?v=FDtKNff6AEY
je crois que nous recevons aux même moment un important programme de déconnection à la matrix hihi … il sagit de garder la foi, et la présence à nos pensées et actions quotidiennes pour traverser la crise et continuer de construire une nouvelle cohérence sociétale … super cet article. merci
le 04 décembre 2008 à 16:17:
en parlant de la déconnexion au réel, de la société physique, des êtres humains … en même temps c’est pas étonnant … pour beaucoup d’entre nous l’ordre du monde nous le quotidien se passe dans des bureaux, assis derrière un écran, à élaborer des plans -tous très intelligents sans aucun doute- donc à remplir le vide de nos pensées, de projets dans le futur, de données mathématiques, litteraires, etc … quand est-ce que nous sommes connectés à notre corps dans ces moments-là ????? ah oui quand on a faim, quand on a un rhume (vite des médocs pour faire ce corps …)
et si nous demandions à nos boîtes respectives un temps quotidien à ne rien faire, à juste être présent le plus possible, à ressentir l’air entrant dans les narines, la présence d’un autre être humain à côté, à écouter nos sens simplement, à reconnecter avec le corps, la planéte de notre âme finalement… bon y’en a qui vont bondir sur le mot âme je sens … c’est pas un gros mot pourtant… et faut bien s’avouer habiter par quelque chose de mystérieux qui n’est pas seulement que de la chimie non ?
enfin ce temps de ne rien faire s’appelle de la méditation dans certaine tradition, mais bon y’en a qui vont bondir sur ce mot aussi peut-être, parce que finalement les mots peuvent colorer des expériences proposées avant meme de les avoir faites … dommage.
revenir à notre propre corps et ses senstions physiques et son intuition innée, faire taire l’incessant bavardage mental …. pour moi c’est la que commence le changement et une reconnection possible à la réalité à notre vérité, à la nature, comme tu nous y appelles David !
le 04 décembre 2008 à 17:45:
Merci à tous pour vos commentaires
Sel > Tu as raison de dire que toutes les crises sont interconnectés entre elles. Elles interagissent entre elles. Les interactions mériteraient à elles meme un autre article. N’étantt pas l’objectif de mon article , je n’ai pas voulu rentré dans cette complexité et brouillé mon message.
J’adore ta comparaison à la “Matrice” ;-) C’est un peu cela quelque part… J’aurais pu aussi faire un titre “Sommes nous prisonniers de la Matrice?”. Bref merci à toi pour ton commentaire. Je comprends tout à fait où ton point sur la méditation, sur les préjugés… certains sont prêts, d’autres pas… chacun son cheminement, on ne peut pas forcer les gens à prendre le chemin.
le 04 décembre 2008 à 20:39:
en fait ton article est très bien, il permet de rebondir sur plein de thématique …. l’argent … vaste sujet, dont on ne parle jamais (aucune éducation est prévue sur ce thème là à l’école, on parle d’économie oui mais d’argent ?) et la crise financière souléve enfin ces questions … comment on regarde l’argent, c’est quoi ce truc dont on a tant besoin pour vivre, alors qu’en absolu, un être humain n’en as pas besoin pour vivre : il a besoin d’air, de lumière, de chaleur humaine, d’alimentation, (comme les animaux d’ailleurs) mais pas d’argent, ça c’est une invention de l’être humain tout seul peut-être pour se démarquer des animaux ????? en fait je découvre ma pensée au fil de ce que j’écris là, mais tout ça pour dire que y’a un lien très interessant là :
http://vimeo.com/1711304
qui nous donne un petit historique de l’argent, c’est un peu long mais vraiment interessant … je trouve …
ça c’est sur on ne peut pas forcer les gens à prendre tel ou tel chemin, et essayer même c’est une perte de temps, d’énergie … je trouve, par contre c’est trop bien tous ces articles sur écoloinfo, ça nous met en lien, et nous fait soulever de belles questions. trop bien.
le 04 décembre 2008 à 21:51:
je n’avais vu que le début de ce reportage sur l’argent, l’argent dette de Paul Grignon, je viens de le voir en entier, et il est vraiment très très complet, et fait le lien entre toutes les crises que tu énumères justement David : http://vimeo.com/1711304
merci encore pour nous donner cet espace de partage !
le 05 décembre 2008 à 11:49:
Sel> Merci de ton lien. J’avais en effet déja vu ce film très interessant et pédagogique (avec cependant quelques critiques bien formulés sur Rue89). Mais que du bon dans ce film, sans tomber non plus dans la théorie conspirationniste.
le 08 décembre 2008 à 11:09:
[...] le décembre 8, 2008 par pascalbourgois2 Ecolo-Info, David, le 30 novembre [...]
le 10 décembre 2008 à 13:39:
Merci David pour ton excellent dossier.
Concernant la crise financière, je pense pour ma part que son origine vient de la perte de “nos” valeurs.
Par exemple, j’ai toujours penser que “jouer” à la Bourse et espérer gagner sur du court terme, voire même avant de débourser sa mise de fonds, correspondait à “chercher” (de fait) à voler “son voisin”…je veux dire par là, les petits porteurs, les salariés de la société côtée, etc. Même chose pour la mise en place de stock options par et pour les Administrateurs (sans non plus trop généraliser)…
De part l’appât du gain, la finance non régulée peut amener à des dérives profondes. La spéculation est source de beaucoup de problèmes.
Rien ne vaut le financement de proximité. C’est pour çà que je m’engage à fond dans les finances solidaires, en plus, concernant les valeurs, dans des structures qui agissent pour le respect de l’homme et de l’environnement.
le 06 janvier 2009 à 18:42:
[...] Et dans 2009, il y a le mot “neuf” alors espèrons que ce sera l’année du renouveau, du changement. 2008 a été une période assez tourmentée, avec dans de multiples crises dans lequels nous nous sommes embourbés. [...]