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 L’éléphant du développement durable - Ecolo-Info ACT’Sense #35
De David • 29 décembre 2008 •
Catégorie: Réfléchir/Entreprendre

En cette fin d’année, j’aimerais vous laisser avec une note de sagesse, de philosophie, avec ce conte, qui je vous l’espère, vous inspirera pour l’année 2009 qui arrive. C’est la parabole de l’éléphant et des aveugles. Mais quelle rapport avec l’écologie et le développement durable allez vous me dire? Voir après la vidéo…


Conte des aveugles et de l’éléphant sur Arte
envoyé par raph66

La parabole de l’éléphant en texte

Il existe plusieurs variantes de cette histoire.

Quatre (ou sept selon les histoires) aveugles s’assemblèrent un jour pour examiner un éléphant. Le premier toucha la jambe de l’animal et dit : “l’éléphant est comme un pilier“. Le second palpa la trompe et dit : “l’éléphant est comme une massue“. Le troisième aveugle tâta le ventre et déclara: “l’éléphant est comme une grosse jarre“. Le quatrième enfin, fit bouger l’oreille et l’animal et dit à son tour: “l’éléphant est comme un grand van“.

Puis ils se mirent à se disputer sur ce sujet. Un passant leur demanda la raison de leur querelle; il la lui exposèrent et le prirent comme arbitre. L’homme déclara : “aucun de vous n’a bien vu l’éléphant. Il n’a pas l’air d’un pilier, mais ses jambes sont des piliers; il n’a pas l’air d’un van, mais ses oreilles y ressemblent. Il n’a pas l’aspect d’une jarre, c’est son ventre qui en est une. il n’est pas une massue, c’est sa trompe qui est semblable à une massue. L’éléphant est une combinaison de tout cela: jambes, oreilles, trompe et ventre“.

Les enseignements de la parabole

1°) Nous parlons de la même chose mais d’un angle différent

Cet éléphant peut être remplacé par de nombreux sujets/objets de dispute que nous pouvons avoir entre individus, en groupe ou dans la société. L’idée centrale est que parfois: nous parlons de la même chose mais simplement d’un angle de vue différent: le point de vue écologique ,le point de vue économique, le point de vue social…

Le point important est que la solution/vérité ne réside pas uniquement dans un seul de ces points de vue mais dans l‘addition de tous ces points de vue. Le problème réside souvent en ce qu’un de ces points vue cherche à avoir le dessus sur celui des autres. Dans le cas de l’éléphant et des aveugles, n’est ce pas absurde?

Image: Planète Terra

On peut tout à fait envisager que sous couvert d’argument écologique, des solutions soient prises  sans aucune considération sociale (licenciements) et économique (coût énorme). Et en cela, il pourrait être adressé les mêmes reproches à celui qui cherche à imposer son point de vue (ne fusse qu’écologique) qu’à ceux qui n’ont qu’un point de vue économique (le point de vue des actionnaires par exemple).

Le développement durable, selon notre définition, c’est la voie du milieu, la réconciliation (l’addition) de tous ces points de vue.

Transcrit en actualités moderne, prenons l’exemple de l’installation d’une usine d’incinération, sujet à polémique et oppositions, où en général, chacun campe sur ses positions.

Ecologistes: On veut que cette usine ne pollue par notre environnement

Travailleurs: On veut des emplois!

Actionnaires: On veut avoir un retour sur notre investissement

Collectivités: on a besoin d’une solution pour traiter nos déchets

“Bar Code Cage” - Elefant - International Fund for Animal Welfare - Springer & Jacoby Germany

En partenariat avec ACT Responsible

2°) Apprendre à dialoguer: une clé pour le développement durable

La solution durable toute faite n’existe pas telle quelle. Elle est le fruit d’une discussion ouverte entre tous ces acteurs. Et, le développement durable, se résume parfois simplement à écouter, à prendre les considérations de l’autre et dialoguer avec les autres. Et vous seriez surpris de savoir qu’en fait nous ne savons pas dialoguer avec autrui (phénomène psychologique: “je ne l’écoute pas simplement parce qu’à priori il n’est pas dans mon camp“).

Personne n’a la solution idéale mais une ouverture aux points de vue des autres pourraient déjà permettre d’envisager de dessiner ou de co-produire une solution satisfaisante pour tout le monde, et en cela permettre de comprendre le point de vue de chacun des acteurs et leurs soucis (budget, santé, environnement, etc…).

Campagne “Don’t Let This Be The End” pour le WWF Beijing, par Ogilvy et Mather

En partenariat avec ACT Responsible

Conclusion

Cette parabole me sert tous les jours et j’espère qu’elle vous inspirera. Professionnellement, j’ai souvent eu recours à cette parabole pour préparer des réunions multi-acteurs sur des problématiques de développement durable et cela a été utile. Cela nous a grandement inspiré notamment pour la rédaction de notre guide du développement durable que nous avons écrit en 2006 (qui essaye de redonner de la valeur à cette notion utilisée un peu à tort et à travers). Et surtout, en général, je me rends compte souvent qu’on dit la même chose mais d’un point de vue différent et que parfois la dispute trouve son origine plus dans la forme que dans le fond: manière de s’exprimer ou dans un problème d’égocentrisme (”volonté de ne pas perdre la face”).

Et vous que tirez vous de cette histoire/parabole?

Un très bon réveillon et une bonne année  2009!

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David Profil atypique... environnement, économie, écologie, social, transversalité, durabilité, cofondateur de Tout allant vert.
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7 Réponses »

  1. J’aime beaucoup les paraboles car elles aident à mettre des mots sur des idées qu’on a parfois du mal à exprimer… Celle-ci est très simple et raconter cette histoire avant un débat ou après une dispute peut sans doute aider les gens à mieux communiquer.

    Nous avons chacun nos principes de vie que nous croyons être les bons et ce n’est pas facile de se mettre à la place de l’Autre. Mais en essayant, on se rend compte qu’on peut y arriver et que les autres points de vue peuvent nous faire avancer aussi.

    Merci David de nous avoir fait partager cette parabole !

  2. Camile > Merci de ton commentaire :)
    Anneso > Merci d’avoir joliment décoré cet article. Les photos sont jolies.

  3. Je n’avais jamais entendu parler de cette parabole, mais je la trouve très utile.
    Surtout pour moi, car j’ai tendance à être un peu butée, j’essaie de faire des efforts, d’entendre le point de vue des autres, mais bien souvent je reste persuadée que j’ai raison.
    Très poétique!

  4. [...] la suite de l’article sur Ecolo-Info. Revenir à [...]

  5. [...] que l’on en revient un peu à la question posée par David la semaine dernière via l’éléphant du développement durable… il faut de tout pour faire un Monde, mais pour un Autre Monde, vous les voyez comment les [...]

  6. [...] que l’on en revient un peu à la question posée par David la semaine dernière via l’éléphant du développement durable… Si chacun apporte sa pierre à l’édifice mais sans la poser à côté ou sur les [...]

  7. Travaillant à la promotion du DD en aménagement et pratiquant l’aikido, j’aime beaucoup l’image du DD comme la voie du milieu, j’oserai même la voie du “juste milieu”.
    Le problème, c’est que tout le monde veut toujours tout simplifié (c’est humain…), et le DD a tendance à devenir l’application de grilles de questionnement plus ou moins formatées, avec des solutions déjà quasi standardisées …
    l’Asie a beaucoup à nous apprendre dans ce domaine, malheureusement, l’explosion économique de ces pays tend à faire disparaitre cette culture du juste milieu…

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