Mon amie Marina m’a écrit il y a quelques jours, époustouflée par le travail d’un artiste qu’elle venait de découvrir… Je suis allée voir le travail de cet artiste, et en effet, quel sens il redonne aux objets les plus oubliés de notre environnement! J’ai donc proposé à Marina de partager avec vous sa découverte, et son ressenti… Vous allez voir, c’est magnifique… (AS)
Je ne connais rien de cet artiste subversif et n’ai rien trouvé sur internet ailleurs que sur ce site.
Il s’appelle YUKEN TERUYA.
Ses photos m’ont éblouie et intimidée… Je ne suis pas critique d’art mais je voulais partager ça avec vous.


Yuken Teruya - Rain Forest WoodPecker

Yuken Teruya - Book - Giving Tree Project
Outre son extrême poésie, et sa grâce fragile, il nous donne à réfléchir en douceur sur le sens des objets les plus dépréciés de nos regards habitués à emmagasiner mécaniquement notre environnement.
Ici rouleaux de papier toilette et sac en papiers siglés Mac Donalds sont dépossédés de leur fonction et dévoilés jusque dans leur partie intime et invisible. Yuken découpe la surface du sac et crée un arbre, il le protège à l’intérieur du sac comme pour mieux montrer sa fragilité, ou le projette sur le mur comme un hommage à son milieu. Il dit qu’il y a un moment où ces arbres de papier projetés sur les murs vivent de leur propre force et que c’est comme s’il aidait le papier à réveiller son habilité à être un arbre.

Yuken Teruya - Notice Forest MacDo Bag

Yuken Teruya - Notice Forest MacDo Bag


Le monde invisible est comme le monde visible tant qu’on n’ouvre pas les yeux
OU
Le coeur est inerte et silencieux tant que le monde invisible n’y bat pas la mesure
Il me fait penser à Guieseppe Penone, un artiste de l’Arte Povera qui travaille sur la nature végétale, et sur l’empreinte dont il y avait eu une rétrospective à Beaubourg en 2004. Il y avait dans cette exposition un arbre mis à nu et qui renfermait le petit arbre qu’il avait été, dévoilant le mystère de sa croissance. Lui aussi détourne les éléments de leur cycle naturel pour mieux en restituer la réalité.


Source: Penone Centre Pompidou
Voilà ce qu’il disait :
“J’imprime ma main sur l’argile. Je détache mon bras de l’arbre auquel il adhère. Je sens la poussée de l’eau qui jaillit contre le bout de mes doigts. Je me souviens de la mémoire de la boue, de la lente ascension des vapeurs de la terre, de l’écoulement de l’eau dans le sous-sol, de la poussée verticale de la matière, conscience du vide où on entend résonner la masse de chair humaine qui coule, se déplace et devient volume imprécis, vapeur, pour le promeneur qui traverse, dans le temps, l’histoire de la stratification par sédimentation.“ Giuseppe Penone, 1987
Marina d’Huart
++ Liens ++

Yuken Teruya et la grâce fragile des objets…





















le 16 mars 2009 à 23:12:
C’est tout simplement splendide et avec une telle poésie….
le 19 mars 2009 à 12:30:
Ce travail est d’une finesse incroyable,
j’aimerais beaucoup voir une expo, mais dans les news de son site, on ne sait rien de ses futurs projets…
je vais aussi partager cette découverte artistique sur mon blog!! Merci
Emilie