Ecolo-Info
 Le rôle déterminant de la France dans la protection du thon rouge
De Anne-sophie • 30 août 2009 •
Catégorie: Agir/Grandir

Je ne sais si vous lisez le journal Le Monde en version papier ou électronique, mais vendredi dernier nous pouvions y trouver, p. 7, un encart du WWF. Dans cet encart figure une déclaration du président de la République prononcée lors de son discours du Havre, affirmant que la France  soutiendra l’inscription du thon rouge à l’annexe de la Convention Internationale sur les Espèces Sauvages (la CITES - Convention de l’ONU sur le commerce international des espèces menacées), pour en interdire le commerce. En dessous, nous pouvons y lire une réplique du Directeur Général du WWF International, James L. Leape, insistant sur le rôle que la France peut jouer si cet engagement de Nicolas Sarkozy est effectivement respecté.

Sur la piste du thon rouge de Méditerranée

La publication de cet encart correspond au début, hier, de la campagne de marquage du thon rouge en Méditerranée (fin de la campagne le 6 septembre). Intitulée “Sur la piste du thon de Méditerranée“, elle permettra de faire un pas décisif dans la compréhension du comportement migratoire de cette espèce menacée. Comme l’explique le WWF sur son site, “cette étude, effectuée en collaboration avec de grandes institutions scientifiques internationales et les gestionnaires de pêcherie méditerranéens, se déroulera jusqu’en 2010. Ce projet a été rendu possible grâce au financement provenant de la Fondation du Prince Albert II de Monaco.

Grosso Modo, afin d’en savoir plus sur les migrations dans les eaux méditerranéennes, il s’agit d’équiper les grands spécimens (de plus de 40kg) de “pop up tags” dont les informations seront transmises ensuite toute les minutes par satellite. Il s’agit ensuite de recueillir les données avant l’effondrement des populations de thons. “Les captures actuelles estimées à 60 000 tonnes - le double du niveau permis par la loi et quatre fois la quantité considérée comme “durable” par des scientifiques internationaux – sont composées de plus en plus d’individus juvéniles. Ce phénomène menace cette espèce en mettant à mal ses capacités de reproduction“, explique le WWF.

Northern Bluefin Tuna - Brian S Skerry - National Geographic Stock - WWF

Un rôle clef pour la France

Le positionnement de la France aux côtés de Monaco au sujet de l’inscription du thon rouge à l’annexe 1 interdisant le commerce international de l’espèce a incité d’autres pays tels l’Allemagne, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et l’Autriche à se déclarer favorables à cette mesure. Autant dire  l’importance tenue par cette campagne du WWF et par le rôle de la France dans la Convention. Sachant que l’Espagne, l’Italie ou Malte sont encore très réticents.

Sur le site de France Info, Nathalie Fontrel explique que “l’annexe 1 de la CITES signifie que le commerce international est interdit. Les pêcheurs pourront continuer à vendre le poisson dans leur pays mais ils ne pourront plus l’exporter. Or on sait que 80% du thon capturé en Méditerranée part au Japon. L’interdiction du commerce international n’est pas toujours suffisante pour sauver une espèce : le gorille est toujours menacé par la guerre et la destruction de son habitat. D’après Florian Kirchner en charge des espèces à l’Union internationale pour la conservation de la nature, l’éléphant en revanche a été sauvé par la mesure. En 89, la CITES interdit le commerce international de l’ivoire de l’éléphant d’Afrique. Le braconnage s’effondre puisqu’il n’est plus possible d’écouler l’ivoire. Et l’éléphant n’est plus menacé au niveau mondial. Pour le thon rouge, le scénario pourrait être le même : si on interdit le commerce international, on n’incite plus les pêcheurs à alimenter l’appétit des japonais et des américains. Mais il est peut être déjà trop tard. Au large de Terre Neuve, la morue n’est plus pêchée depuis 1992 et les stocks ne se sont toujours pas reconstitués.”

Aussi l’Union Européenne tentera-t-elle d’adopter une position commune cet automne (en novembre lors de la prochaine réunion de l’Iccat, à Recife, Brésil; la conférence de la Cites aura lieu en mars 2010). Si elle accepte l’inscription du thon rouge sur l’annexe 1, l’interdiction d’exportation ne sera donc effective qu’à la fin de la campagne de pêche de 2010.

Espérons donc que la France tiendra ses engagements et que nous pourrons peser pour faire pencher la balance en faveur du thon rouge…

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Anne-sophie Economiste de formation (spécialisée sur les questions de commerce et développement et sur les liens entre économie et terrorisme), j'use de mon "virus de l'info" pour essayer de transmettre au plus grand nombre une grille de lecture plus verte de l'actualité!
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Une Réponse »

  1. Bel article,
    Merci pour les explications.
    Mais pourquoi publier un encart si la position de la France était connue d’avance ? Y aurait-il eu possibilité que la France ne tienne plus sa position ?

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