Ecolo-Info
 75018, sous la TouristiButte - Hors-piste #1
De Catherine • 24 septembre 2009 •
Catégorie: Réfléchir/Entreprendre

C’est la rentrée, les infos se bousculent et se chassent l’une l’autre, les projets avancent à pas comptés, les lois se sont faites et se feront (dans notre dos), c’est la rentrée, quoi… Et la rentrée c’est aussi l’occasion de mettre à plat ses envies, de re-serrer des liens, de s’apercevoir qu’autour de soi les bonnes initiatives pullulent. N’en déplaise à Mrs les censeurs: non, nous ne ferons pas grise mine. Perso, j’ai envie de me faire plaisir. C’est le mot d’ordre dans l’équipe d’Ecolo-Info!

Tiens, en parlant d’équipe… Comment ne pas marcher sur toutes vos plates-bandes, mes amis. La mode éthique, hein Julie? La mobilité (Elvire). Le slow design et la récup avec son florilège de déchets (Anoushka)… Les voyages, la photo… Je ne peux pas vous citer tous. Mon défaut? Je m’intéresse à trop de choses. Alors, pour cette fin d’année 2009 (qui se profile chaude chaude, mais on peut encore signer là), je vais laisser de côtés mes sujets habituels pour sortir des sentiers battus et prendre le hors piste. Car au fond, ce qui me passionne (au-delà des innovations et des inventions), ce sont les gens, les vrais, ceux de la vie de tous les jours. Passer des moments avec eux, parler, refaire le monde. Vous pourrez lire dans ces billets, des histoires d’ici et d’ailleurs, des initiatives solidaires, des idées parfois toutes bêtes, mais de celles qu’on aime bien caresser!

Un p’tit coin d’ Paris autour de la Rue Duc

Au bas de la Butte Montmartre, il existe, bien niché au creux des escaliers, un petit coin tranquille. Délaissé par les touristes qui ne s’aventurent pas jusque là, ce village fait depuis le bonheur de toute une population: tous les anciens du coin, mais aussi de jeunes parents écartés des Abbesses pour cause de flambée des prix, les étudiants, les artistes, les entrepreneurs de tout poil. Une population qui rajeunit, c’est bon pour le commerce de proximité, ça!

Tout ce petit monde fait bon ménage“, sourit Evelyne, la patronne de Tartine Mariolle. Et les commerçants du quartier se donnent la main, en organisant des événements communs et en faisant tinter les verres le bouche-à-oreille.

Quand Tartine Mariolle se procure un Alibi

Parisienne d’origine aveyronnaise, Evelyne (et sa mascotte Dolly) occupe depuis 2 ans le numéro 14 de la rue avec son bistrot gourmand. Si rien n’est bio ici, tout est “authentique“, précise-t-elle. Elle se fournit chez elle, en Aveyron. Son célèbre confit, ses saucisses fraîches, son pot au feu de saison et son foie gras! Ah, son foie gras… Oui je sais, c’est mal, mais ne t’en déplaise cher lecteur horrifié, c’est tout de même un peu de notre patrimoine.

On peut préférer le chou farci (divin) ou des salades qu’elle vous fera végétariennes s’il le faut. Peut-on à 50 ans s’improviser restaurateur? “Ça n’a pas été une mince affaire; entre le banquier sceptique et l’apprentissage d’un an dans un restaurant” où elle commence par la plonge, Evelyne n’en démord pas. Son resto elle le veut, elle l’aura. Aujourd’hui, pour le faire vivre, elle déborde d’idées fédératrices (exposition d’artistes du quartier, mise à disposition de jeux, organisation de soirées tarot ou belote, ateliers customisation le samedi, lectures de poésie et soirées slam).

L‘initiative la plus étonnante? Partager sa carte avec le café d’en face. De l’autre côté de la rue, se tient l’Alibi, un bar qui fonctionne plutôt le soir, dépourvu de cuisine et rempli jusqu’à l’aube. Un jour, Evelyne traverse la rue et va se présenter… “Et si nous faisions cuisine commune“? L’idée fait son chemin. Au début, les clients commandent des assiettes de frites, des planches de charcuteries et de fromages, pour grignoter entre deux verres.

Aujourd’hui, c’est un ballet incessant dans la rue; les clients de l’Alibi viennent chez Tartine Mariolle commander de vrais plats qui leur sont servis en face. “Tout ce qui se fabrique ici en cuisine est vendu là-bas, ils ont une carte à disposition! Je suis heureuse d’avoir monté cette affaire, la cuisine c’est ma vie”. Allez goûter son fondant au chocolat maison ou ses glaces artisanales au piment d’Espelette… Et vous y reviendrez comme nous tous (pour les avis de clients c’est par ICI). Et comme Cécilia qui tient au coin de la rue une boutique vintage pas comme les autres.

Dealer de style

Cette ex-attachée de presse en rupture de showbiz (Dave et David Bowie tout de même), s’est inventé un nouveau métier autour de son autre passion, la mode, version 70 - 80!

Mais attention, Dealer n’est pas un dépôt-vente, je laisse ça à ceux qui savent le faire!”. Tout est soigneusement pensé autour d’une pratique de la chine et du recyclage intelligent. Si certaines pièces sont neuves, elles se mixent avec les trouvailles de Cécilia qui travaille aussi avec des créateurs autour de la customisation.

Les collégiennes du quartier s’arrachent ses perfectos (40 €) et ses jeans Levi’s bien délavés (19€) avant de se photographier devant la vitrine !

Les fashionistas y trouveront la pièce panthère de la saison (veste en fausse fourrure à 75€, foulards à 5€), les élégantes un sac 50’s ou une pochette en lézard briquée comme un sou neuf.

Tous les trois mois, Dealer organise un apéro-shopping, avec boissons et D-jettes. “Que des filles, elles sont talentueuses et peu médiatisées“. Bientôt un an… Et pour souffler sa première bougie, Cécilia vous invite à l’apéro-shopping de rentrée !

Ma visite continue en remontant la rue de Trétaigne:

chez Aldo et Giorgino (épicerie italo-roumaine) que des produits rares, en direct d’Italie et de Roumanie ramenés par Suzie, qui nous reçoit au milieu de produits plus alléchants les uns que les autres et qu’on ne trouvent pas ailleurs à Paris.

C’est par pur égoïsme que nous avons ouvert cette échoppe. Nous avons une entreprise de bâtiment, nos ouvriers sont Roumains. Ils nous demandaient toujours de leur ramener des produits de là-bas. On ramenait des tonnes de choses, on distribuait et il ne nous restait plus rien! Alors maintenant, on fait du commerce!“, raconte-t-elle dans un grand éclat de rire. Charcuteries et fromages authentiques, huile d’olive toscane Conte Camillo, en provenance du village du vrai Don Camillo, vin d’Ischia (Naples), Palinca roumaine, Laccrima lui Ovidiu (”un vin doux meilleur que le Sauternes avec du foie gras (encore!) et de la crème d’ail rose”)… Et même des sodas aux fleurs qui n’existe pas ici!

La visite du quartier s’achève avec un tour chez l’Interloque, ma ressourcerie préférée, un endroit magique entre brocante et atelier slow design, qui vient d’ouvrir une galerie juste en face de son adresse mère. On peut leur confier nos objets, ils en font des merveilles.

Voici un résumé de leur projet social. Visitez le site, c’est formidable !

La Maison XXI fédère un ensemble d’activités, de services et de prestations à disposition et au profit du territoire et de ses habitants afin de mettre en oeuvre des stratégies du développement soutenable et de favoriser le mieux-vivre ensemble. Cela implique la mise en réseau des acteurs locaux, la participation des habitants, et la valorisation de ressources locale.

Elle s’articule autour de différentes actions :

  • Restore confidence : un espace ouvert sur le quartier, qui propose l’accueil, l’écoute, la participation et l’accompagnement social et professionnel de personnes en grande difficulté.
  • La ressourcerie, un dispositif qui s’inscrit dans le plan Prévention des déchets de la Ville à travers la collecte, la valorisation et la revente, et l’éducation et la sensibilisation à l’environnement.
  • L’animation du quartier, avec la volonté de favoriser la participation citoyenne.
  • Une attention particulière aux territoires les plus défavorisés et les personnes les plus démunies.

La Maison XXI, c’est aussi la promotion des acteurs de l’économie sociale et solidaire, à travers un local de diffusion, l’Espace Eugène Poubelle; le soutien au tissu économique local, pour la gestion de leurs déchets, ou encore, un appui à la vie associative locale avec la mise à disposition d’une salle de réunion.
Ainsi, la Maison XXI est un projet participatif, ancré dans son territoire, canalisateur d’énergies, facilitateur de prise d’initiatives, qui se place résolument au service de l’intérêt collectif; avec l’ambition de faire évoluer durablement les pratiques au quotidien de tous les acteurs.

Que des belles idées… Et chez vous, ça se passe comment in real life?

++ Les Adresses Hors Piste de Cat ++

  • Tartine Mariolle, 14 rue Duc - Paris 18 - T.01 46 06 49 68 (Réservation conseillée)
  • L’Alibi, en face, rue Duc - à partir de 18 h jusqu’à 2 h
  • Dealer, 15 rue Lapéreyre - Paris 18 - T.01 42 62 35 77
  • Aldo et Giorgino, 4 rue Trétaigne - Paris 18 - T. 01 53 28 01 70 (tous les jours, le dimanche jusqu’à 13H)
  • L’Interloque, 7 ter (mais pas sectaire) rue de Trétaigne - Paris 18 - Débarras: 01 46 06 08 86 (dans un rayon d’un km)

Crédits photos: Catherine Dauriac, sauf celle du chat (2004, Kriti)

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6 Réponses »

  1. Vivement ma prochaine virée parisienne ;-) !
    Merci Cat !

  2. OK c’est quand qu’on va voir tout ça avec toi Cat’?

  3. L’apéro-shopping chez Dealer c’est le jeudi 1er octobre. Venez nombreuses (les garçons sont tolérés) !

  4. yes yes yes !

  5. je suis commerçante (mode éthique) juste en contrebas des Abbesses, dans le 9ème et j’adore avoir des nouvelles adresses et bons plans dans le quartier pour sortir avec mes copines …

  6. Merci Catherine pour cette très bonne idée de Hors-piste ! On attend le prochain numéro 2 ! En nouvelle habitante de ce quartier qui a tout à découvrir du coin, je note ta sélection avec grand plaisir ! Je ne manquerai pas de tout tester !

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