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 Magnifique cité végétale de Luc Schuiten
De Anne-sophie • 05 octobre 2009 •
Catégorie: Créer/Bâtir

La semaine dernière, Grégoire vous parlait du mouvement des villes en transition. Un sujet qui prouve une fois encore combien il est légitime s’interroger sur notre futur et ce à quoi il ressemblera. Certes, cela n’est pas la première fois que nous posons cette question sur Ecoloinfo.com, mais une chose est sûre: notre avenir ne pourra pas se construire dans la continuité de notre présent, car les ressources planétaires s’épuisent bien plus vite que nous ne leur laissons le temps de se régénérer.

Face à l’urgence climatique, deux comportements sont possibles: faire l’autruche et continuer ainsi sans crier gare… ou considérer l’avenir comme une tentative de réconciliation et de coopération avec la nature. Si cette tentative aboutit, le vivre ensemble trouvera peut être son équilibre dans une nouvelle symbiose?

Re-végétalisons la ville

Pour l’architecte visionnaire bruxellois Luc Schuiten, nous avons trop vite oublié que nous sommes avant tout des êtres biologiques installés sur une planète elle même vivante. Cela fait donc plus de 30 ans que ce visionnaire écologique imagine et réalise des habitations, des paysages urbains, des cités inspirées par tout ce qu’il a pu observer dans des environnements naturels.

Ainsi, à travers différentes perspectives futuristes, évoluant dans le temps, un monde cohérent et poétique, faisant appel à l’imaginaire se construit progressivement. Il s’en dégage une vision très positive et un message d’espoir: nous pourrions recréer une nouvelle relation entre l’homme et son environnement naturel. Avec Luc Schuiten, la nature n’est plus considérée comme une manne inépuisable et exploitable à l’infini, mais plutôt comme une alliée, susceptible de coopérer à l’édification d’une société durable.

Palliant au préjudiciable déficit en images positives de notre avenir, Luc Schuiten projette une nouvelle utilisation des écosystèmes, offrant ainsi des modèles inédits de penser l’organisation des villes.

L’”archiborescence”, un nouveau mode de construction

Pour Luc Schuiten, la nature est un modèle dans la conception d’un nouveau mode de construction qu’il nomme “archiborescence“. Ce nom est issu de la contraction d’architecture et d’arborescence. Il est utilisé ici pour nommer l’architecture qui utilise principalement pour matériaux de construction toutes formes d’organismes vivants.

De cette manière, l’architecte cherche à réconcilier la nature avec le vivre ensemble dans l’équilibre d’une nouvelle symbiose. Voilà un extrait du concept d’archiborescence permettant de comprendre le positionnement de Luc Shuiten:

L’architecture de toute époque s’est développée dans un processus de réflexion diamétralement opposé à tout organisme vivant.
Construire, c’est avant tout détruire, sur une portion de nature, toutes traces de vie, pour y déposer dans un ordre géométrique précis des matériaux morts.

Le rôle primordial de l’architecte est donc de combiner savamment les différentes matières inertes qu’il aura choisies de juxtaposer.
Les arbres abattus ne seront utilisés que s’ils ont été réduits au préalable à l’état de parallélépipède rectangle et traités chimiquement contre toute possibilité de perpétuer leur cycle de vie.
Les matériaux naturels tels que la terre, le sable, la chaux seront cuits à très haute température pour les mêmes raisons et deviendront briques, verre, béton inerte.
Les pierres seront parfaitement calibrées, les minerais seront extraits des profondeurs puis fondus, raffinés dans des hauts fourneaux.
L’effort colossal de toute une société sera mis à contribution pour développer un mode de construction nécessitant une économie industrielle.
Pour permettre une telle organisation, un pouvoir hégémonique, centralisé est une nécessité et la mondialisation est son ultime développement. Tout le reste en découle: l’aliénation de l’homme par l’homme, l‘épuisement de nos richesses naturelles, la pollution de la planète,…

N’avons-nous pas trop vite oublié que nous sommes avant tout des êtres biologiques installés sur une planète elle-même vivante?
Pour retrouver nos repères, il nous faudrait en premier lieu réaménager un environnement de proximité conçu lui aussi comme un organisme vivant, sorte d’étape intermédiaire entre la planète et nous.
Mais pour ce faire, nous devons encore trouver de nouvelles matières premières dépouillées le plus possible des artifices de l’industrialisation car le tribu à payer pour ce type de développement conduit inexorablement à l’appauvrissement de la terre.

Le développement de cités archiborescentes aurait de grandes répercussions sur la qualité de notre environnement par la suppression de toute pollution, mais de plus nous bénéficierions d’un puissant moyen de régénérer notre atmosphère en piteux état.

De quoi vous donner envie d’aller rêver dans l’univers des villes et cités végétales de Luc Shuiten n’est-ce pas? Car son travail est tout aussi passionnant que magnifique! Et pas aussi utopiques que cela!!

++ Liens ++

++ Livre ++

Vegetal City, de Luc Schuiten, 144 pages couleurs format 24×24cm

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Anne-sophie Economiste de formation (spécialisée sur les questions de commerce et développement et sur les liens entre économie et terrorisme), j'use de mon "virus de l'info" pour essayer de transmettre au plus grand nombre une grille de lecture plus verte de l'actualité!
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15 Réponses »

  1. [...] This post was Twitted by echoGE [...]

  2. Quelle poésie !
    Je veux bien aller y vivre de suite dans de telles villes.
    Qui m’accompagne ;-) ??

  3. [...] Ecolo-Info » Créer/Bâtir » Magnifique cité végétale de Luc Schuiten ecoloinfo.com/2009/10/05/la-magnifique-cite-vegetale-de-luc-schuiten – view page – cached La semaine dernière, Grégoire vous parlait du mouvement des villes en transition. Un sujet qui prouve une fois encore combien il est légitime s’interroger sur notre futur et ce à quoi il… (Read more)La semaine dernière, Grégoire vous parlait du mouvement des villes en transition. Un sujet qui prouve une fois encore combien il est légitime s’interroger sur notre futur et ce à quoi il ressemblera. Certes, cela n’est pas la première fois que nous posons cette question sur Ecoloinfo.com, mais une chose est sûre: notre avenir ne pourra pas se construire dans la continuité de notre présent, car les ressources planétaires s’épuisent bien plus vite que nous ne leur laissons le temps de se régénérer. (Read less) — From the page [...]

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  8. Je viens avec toi Agnès !

  9. J’ai eu la chance de voir son expo cet été au Cinquantenaire (bruxelles).
    C’était magnifique, j’étais émerveillée.
    Et dire que deux de ses projets deviendront réalité!

  10. AH bon lesquels ?
    Je trouve ça très beau aussi, surtout la revégétalisation, c’est génial.
    J’y vois aussi l’agriculture en ville et la respiration que pourrait être ses futurs villes, si Luc se positionne en visionnaire, puisque nous devrons y venir.
    Par contre j’ai peur de retrouver dans certains dessins des schémas très urbanistico-productiviste…avec des éoliennes à tout va, des maisons types éco-quartiers en rang d’ognon comme des soldats ou des pavillons de banlieue…
    Je ne suis pas non plus d’accord de dire que l’homme s’est toujours construit “diamétralement opposé à la nature”. Je n’y crois pas une seconde, sinon l’homme n’aurait pas survécu autant d’année. Au contraire il s’est frayé un chemin dans le temps grâce à sa connaissance des ressources locales et de leurs utilisations (habitat, nourriture, vêtements…). Faute de pouvoir transporter les matériaux, ils ont construit avec ce qu’ils avaient sous la main qui en plus s’avérait approprié au climat puisque ces matériaux avaient grandit, poussé dans cette localité.
    Bref, cette vision futuriste ne m’emballe finalement pas des masses, me fait peur : souhaitons-nous réellement continuer à nier ce que nos ancêtres ont fait car nous nous pensons plus doués et créatif ?

  11. Coucou Matyas,

    En fait, je ne pense pas qu’il mette sur un piédestal la vie ancestrale, mais bien plutôt qu’il propose une vision de la ville s’inspirant de la nature, avec une approche relevant du bio-mimétisme… Son affirmation sur l’homme et la nature est aussi liée aux destructions que nous faisons de notre environnement dans les sociétés développées… cela n’est pas une référence à la façon dont nous fonctionnions avant… ou dont certains fonctionnent encore aujourd’hui… C’est comme pour le jardinage pour moi: certains travaillent avec la nature mais la domptent complètement et la nature n’est plus sauvage. D’autres font un jardin naturel et s’adaptent à ce que la nature offre…

    Enfin, je sais qu’elle est ton positionnement sur la logique qui sous-tend aujourd’hui le développement des éoliennes, mais l’exception que tu connais ne fait peut être pas la règle? Et nous sommes dans une période où il y aura des tentatives aussi…

  12. Bonjour,

    la description d’Arborescence et les commentaires à son propos m’inspirent ce qui suit :
    il est encore souvent affirmé par certains, voire beaucoup, d’écologistes ou de sensibilité écologiste que l’homme est la cause du désordre climatique, et de l’extinction importante actuelle des espèces, etc. Ceux qui, tel Claude Allègre, affirment le contraire sont alors honnis, comme politiquement incorrect. On retrouve ici cette sempiternelle habitude manichéenne de juger telle chose comme bonne, vraie telle autre comme mauvaise, fausse. Or la réalité, l’existence est changeante, impermanente, complexe, voire contradictoire. Et si Claude Allègre pour le citer à nouveau (comme exemple) n’est pas spécialiste de tout, et notamment des OGM, et donc peut se tromper, il peut aussi avoir raison sur d’autres points question écologie, car il est un peu au courant, de par sa spécialité scientifique… ceci pour dire que, à l’instar de ce monsieur, il est de nombreux scientifiques qui contredisent les propos et affirmations officielles telles celles du Giec (et ils sont plus nombreux que le Giec, selon l’article (long) de Nexus il y a quelques mois). Et de même, donc, à propos de l’affirmation qui tend à faire de l’homme la cause principale de tous les désordres et fléaux écologiques. Ainsi, cf. René Dubos, il est faux de dire que c’est la faute de Thomas d’Aquin et de la Genèse qui a dit à l’homme de dominer la nature, et ce qui aurait conduit à l’exploitation sans vergogne. faux, car la preuve en est que ce sont les moines qui ont par nécessité développé une agriculture et un élevage sobre et de qualité, respectueux (rappelons aussi que ceux-ci se nourrissaient extrêmement frugalement, tel des végétariens et décroissants d’aujourd’hui). Ainsi on peut aussi dire que Luc Schuiten, s’il n’a pas tort de souligner la dichotomie extrême de l’homme actuelle vis à vis de l’écosystème dont il est partie prenante, exagère aussi, en considérant que notre architecture est faite de mort, voire de destruction de la nature vivante et ce comme étant le propre de l’homme qui se situerait “contre” la nature, car le propre de l’activité humaine, mais aussi des autres animaux c’est d’interagir avec son milieu, et donc d’utiliser des éléments qui sont à sa portée pour les transformer en autre chose, tel le crayon qu’il peut utiliser pour faire ses dessins d’architecture, d’ailleurs, qui sont tirés d’arbres abattus… Les oiseaux font des nids avec des bouts de bois, les castors abattent des arbres, d’autres font des trous dans terre, dérangeant ainsi de petits animaux et la géologie pour faire leurs terriers, et tout le cycle du vivant est fait d’ingestion d’un corps par un autre. Donc, il faut prendre garde de ne pas tomber dans la caricature, jouer les “repentants” qui se flagellent. Et se souvenir que “rien ne se perd, rien ne se créée, tout se transforme”. Et ainsi, ne pas glisser d’un extrême à l’autre.
    Quant à l’idée de l’agriculture dans la ville, je vous invite à demander aux agriculteurs (bio, notamment) ce qu’ils en pensent… ils ne sont pas franchement chaud, Pas vraiment, non. Car leur souci est d’avoir suffisament de terres arables à cultiver pour vivre, et que l’agriculture en ville, on ne peut pas dire que c’est l’optimum, de ce point de vue. Il s’agit là d’une idée bien urbaine… Le rat des villes vs le rat des champs, on n’en est pas encore sorti, on dirait…
    Et il est loin le temps où il restait suffisamment d’espace non construit pour les maraîchers (entre autres en Ile de France…cf. les échauffourées d’il y a une trentaine d’années entre maraîchers et pouvoir publics à ce qui devint Cergy Pontoise > là où est la Préfecture, y poussaient des légumes, des cultures maraîchères).
    La tragédie arrive lorsque, par trop anthropocentriques, nous croyons pouvoir être maîtres de/dominer la nature, ayant transformé le sens même de “dominer” (issu de “domus = maison) en “assujetir”, et de même pour maîtriser qui signifie “avoir la maîtrise de”, “être maître” au sens comportemental, et donc être doué de sagesse, et respectueux de l’habitat (domus > oïkos, en grec, d’où “éco”(-logie/-nomie)).
    Et ainsi nous avons cru et croyons pouvoir puiser dans les “ressources naturelles”, comme s’il s’agissait d’une corne d’abondance infinie.
    C’est là un déréglement de l’instinct de conservation, par la peur de manquer, la peur de l’impermanence du bonheur, du plaisir né de la satiété de nos sens.
    Car qui dit quiétude du mental, dit comportement émotionnel et actes et paroles posés, peu de besoins compensateurs et consommateurs, et donc respect du vivant, de soi et d’autrui humain ou non humain.
    Et donc être plutôt qu’avoir.
    Alors plus de césure conceptuelle homme/nature, culture/nature, concept typiquement occidental comme le disent Philippe Descola, Jean-Marie Schaerrer et d’autres.
    Ainsi, plus de séparation en soi et avec l’autre, et donc reprise de conscience > présence effective, ici et maintenant, en symbiose spatio-temporelle avec le vivant en nous et autour de nous.
    Car ayant repris pied, ayant repris conscience que nous aussi sommes… “naturels”.
    Et pouvons être de plus en plus cet être “nu” (natus, en latin=nu).
    Non encombré de ceci ou cela. Qui nous éloigne par un amoncellement d’épluchures, de périphériques du coeur de ce qui nous anime.
    C’est ainsi que l’on peut saisir ce qui, au delà des termes “environnement”, “écologie” voire aussi de “nature” est ce qui importe : la vie.
    C’est ce que disait en ces termes même, feu Théodore Monod.

    Voilà ce qui sous-tend, est au fond, à la racine du “développement soutenable” (ou “durable”), en fin de compte.

  13. [...] octobre 11, 2009 à 10:26 · Classé sous Mag News http://wp.me/pF38Q-1r [...]

  14. bonsoir à toutes et tous,

    Je suis surpris par la plupart des commentaires..en effet, j’ai écouté Mr schuiten lors de ma visite au cinquantenaire, et j’ai retenu de ses paroles que ,c’est un fait, il y a eu de nombreuses “R”évolutions à tous les niveaux de notre société. Tant par le passé qu’actuellement…et que nous n’avons pas toujours su ( ou pus…) etre capable de dominer ces changements à l’avantage de la planete.Il émet par là non pas une critique à l’égard de nos anciens ou du modernisme, mais il donne simplement des solutions pour ne plus commettre les memes erreurs que par le passé.Il a justement bien analysé le travail réalisé jusque maintenant et il a par exemple imaginé qu’à la place de couper des arbres et les débiter en planche, il suffirait de les laisser pousser et de s’en servir à l’état vivant.Que les végétaux pourraient nous isoler du froid ou nous protéger du soleil,…Il a aussi imaginé des véhicules non seulement propres mais roulants tous à la meme vitesse..ce qui exclus toute compétitivité imbécile sur les routes…de ce fait les gens pourraient se démarquer de diverses façons certainement moins dangereuses, par l’habillement par exemple..Il ne veut pas “encore nous descendre” en disant que nous ne faisons que des conneries, bien au contraire,il veut amener l’homme en haut…de l’arbre !

  15. Nombre de maisons écolo “dernière mouture” ont maintenant des toits verts…c’est encore faible, mais c’est (peut-être) en route?

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