Ecolo-Info
 La Pertuzerie: des chambres d’hôtes hors du temps
De Agnès • 11 octobre 2009 •
Catégorie: Respirer/Voyager

Au départ, il était question d’un grand anniversaire surprise préparé pour un ami de fac, réunissant une poignée d’anciens toujours fidèles venus des quatre coins de la France pour célébrer à ses côtés son quarantième anniversaire.

Finalement, la surprise ne fut pas que pour lui.

Passée l’autoroute, passées les nationales et les départementales, au bout d’un charmant chemin de campagne, nous voilà arrivés dans notre maison d’un soir. L’endroit est champêtre, paisible, serein. De petites maisons aux pierres séculaires, des cheminées anciennes que l’on devine à travers les fenêtres, des tables et des chaises en fer forgé sous les arbres… les premiers regards sont prometteurs.

Mireille et Erik, nos hôtes nous accueillent et nous font faire un petit tour du propriétaire. A visiter les chambres et les suites, nous avons la confirmation de nos premières sensations: cet endroit est vrai, les objets de décoration ont été chinés avec goût, le bois et les pierres apportent cette inestimable note authentique.

Mais guère le temps de s’attarder pour l’instant, il s’agit de se préparer pour la fête. Nous discuterons plus tard.

Le lendemain matin, c’est une douce odeur de brioche fraîche qui nous tire de notre sommeil. Lorsque nous arrivons dans la salle du déjeuner, une grande table est dressée, alignant ses confitures et yaourts maison, ses brioches et pains tout juste sortis du four. La vaisselle est raffinée, la nappe et les sets de table délicatement brodés.

Le délicieux petit déjeuner pris, notre hôte se prête volontiers au jeu de mes questions et me raconte leur histoire.

Cet endroit où ils nous reçoivent aujourd’hui, ils en ont fait l’acquisition voilà une vingtaine d’années, alors qu’ils étaient en plein développement de leur affaire commerciale. Les Couleurs du Temps, loisirs créatifs, ce sont eux. Une affaire qui a grossi presque malgré eux, parce qu’ils mettaient avant tout l’accent sur l’accueil du client.

De plus en plus de boutiques, des investissements de plus en plus lourds à faire jusqu’au rachat par un fonds international qui ne tardera pas à les pousser vers la sortie. Et voilà Mireille et Erik, au seuil de la cinquantaine avec l’opportunité de repartir à zéro. Mais dans la direction qu’ils auront choisie cette fois.

Une nouvelle aventure

Et la direction qu’ils choisissent, c’est celle de la Pertuzerie, ancien hameau de Saint-Savinien, en Charentes-Maritimes. Cette propriété achetée depuis deux décennies leur semble le point de départ idéal pour leur projet de vie. Il y a là tout ce à quoi ils aspirent au plus profond d’eux-mêmes depuis toujours: un grand terrain, une grande maison avec des dépendances, tout est réuni pour qu’ils puissent enfin vivre leur désir de proximité avec la terre et la nature et leur volonté de recevoir des gens.

Ils se lancent. L’ancien hameau se transforme par leur travail en chambres, suites, tables d’hôtes et table à la ferme. Lorsque je lui demande s’ils ont privilégié des matériaux écologiques au cours de leurs différents aménagements et restaurations, Erik explique qu’ils ont y ont eu recours à chaque fois que c’était possible (la chaux est particulièrement présente) mais qu’ils ont dû y renoncer pour l’isolation et pour le chauffage dont le coût aurait fait basculer leur budget. Renoncement provisoire cependant, Erik a encore bien des projets en tête.

Au mois de mars 2009, ils accueillent leurs premiers hôtes auxquels ils proposent pour les repas qu’ils cuisinent eux-mêmes, des produits locaux ainsi que des légumes cultivés sur la propriété.

Un sens de l’accueil

Manger local et bio, une évidence pour Erik qui prépare essentiellement des plats de poissons issus de la pêche artisanale locale (la côte est toute proche) et des volailles venant des fermes voisines. Pour plus de cohérence encore, il a choisi de devenir maraîcher (il est d’ailleurs en attente de sa certification Ecocert) profitant de terres sur sa propriété jamais cultivées en près de cinquante ans et du voisinage avec des champs exploités en agriculture biologique depuis deux décennies.

Il s’efforce de mettre en pratique tout ce qu’il a pu acquérir au fil de ses lectures, procède par cultures associées, évite la concentration (propice au développement des maladies) et ne place jamais plus de deux rangs de la même espèce côte à côte. Il profite des brocantes pour acquérir de vieux outils et se félicite d’avoir pu trouver une ancienne charrue à trois socs avec laquelle il continue à expérimenter: la profondeur des sillons influe sur la production des légumes. Il tente, essaie, regarde, constate, déduit, recommence et tire des conclusions bénéfiques de ses échecs, étapes incontournables de son apprentissage.

Au fil de notre conversation, nous nous découvrons d’innombrables points communs, j’aimerais poursuivre ces échanges, mais il faut déjà repartir.

Au départ, il était question d’un grand anniversaire surprise préparé pour un ami de fac.

Finalement, ce fut, en prime, une belle rencontre.

++ Plus d’infos ++

Le site de La Pertuzerie

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Agnès J'aime à traquer dans la vie quotidienne et locale les initiatives et les leviers permettant de changer les comportements et bouger les lignes.
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2 Réponses »

  1. [...] This post was Twitted by ecoloinfo [...]

  2. : ) et la fête? ; )

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