Par Stéphanie Bui…
D’immenses cheminées d’où s’étire, à l’infini, un blanc nuageux sur fond de bande son guerrière et, dès les premières secondes du film, le son donne le la: une plongée dans la vie cachée des déchets radioactifs, le tabou du nucléaire. Alors, on oublie vite la beauté bétonnée inspirant en leur temps les photographes Bernd et Hilla Becher; la peur surgit et puis, le rationnel reprend le dessus ─ on se pose alors les bonnes questions. Que renferme donc, sous sa blanche pureté, ce gaz rejeté dans l’air Que deviennent les déchets nucléaires issus des centrales? Et quels en sont les risques? Nous allons enfin comprendre. “L’obligation de subir nous donne le droit de savoir” (Jean Rostand) aime citer Laure Noualhat, avec Eric Guéret, du documentaire Déchets: le cauchemar du nucléaire.

Le danger du déchet
Schémas dynamiques avec explications dévoilées par la voix bienveillante de la comédienne Marianne Denicourt et l’on comprend mieux le danger d’un déchet issu d’une centrale. Le principe: au bout des 4 années de la phase d’enrichissement de l’uranium nécessaire à la fabrication de combustible nucléaire, l’assemblage radioactif usé doit être alors remplacé. 96% de cet assemblage se retrouve sous forme d’uranium inutilisable en l’état, mais présenté comme recyclable par les usines de retraitement d’Areva.
Avant la phase de recyclage, à sa sortie de la centrale, cet uranium est un déchet nucléaire. Sa dangerosité: s’en dégagent alors des rayonnements ionisants nocifs cassant chez les individus, entre autres, les molécules d’ADN déclenchant des cancers, principalement. Les enquêteurs dénoncent ainsi l’argument récurrent de la trop grande complexité du sujet, prétexte, selon eux, pour occulter la vérité du danger des déchets nucléaires.
Une vérité qui dérange aussi les citoyens français
Sous un titre cauchemardesque propice au réveil brutal du téléspectateur vers plus de lucidité et d’envie de comprendre la gestion des déchets nucléaires, le film est avant tout une enquête politique, journalistique, scientifique - et non militante.
Remarquant la remise en cause facile de l’objectivité des enquêtes sur ce sujet, sous prétexte de militantisme caché, voire d’énième propos alarmiste, il semble important de préciser les conditions de cette enquête-ci. Un instant on se demande, tout de même, où réside la difficulté: pour les enquêteurs, de rassembler, sous la forme d’une narration rationnelle, des informations taboues déjà mises en avant par les militants depuis des années*? Ou pour nous autres, citoyens, de reconnaître une vérité qui nous dérange aussi?

Eric Guéret, le réalisateur, avec un ingénieur de la CRIIRAD - Crédit Photo: Laure Noualhat
Eric Guéret rappelle alors la fierté nationale que représente le nucléaire en France, industrie développée dès la fin de la décolonisation, dans les années 60/70. Le nucléaire est de suite devenu le symbole de l’indépendance du pays, et qui fournira aux français toute l’énergie souhaitée. En témoigne les propos de Hubert Reeves, extrait de la préface du livre “Déchets, le cauchemar du nucléaire”*, de Laure Noualhat : “C’est la fin de la pauvreté dans le monde! Pensez donc : un gramme d’uranium peut dégager autant d’énergie qu’une tonne de charbon!”. La question de la dangerosité des déchets ne se posait pas alors.
Le débat “déchire les gens“, insiste le réalisateur. En ces temps de communication sur le développement durable et sur le nucléaire comme énergie propre et recyclable, le débat sur la pertinence et la dangerosité du nucléaire s’est renforcé. Rappelons que les français bénéficient des 80% d’électricité produite par les centrales d’EDF pour satisfaire besoins et confort… Difficile dans ce contexte de remettre facilement en question le nucléaire qui ne nous a jamais quittés…
Une enquête indépendante
Documentaire au budget conséquent pour cette première grande investigation entre la France, la Russie, l’Allemagne et les Etats-Unis, il a bénéficié du soutien de la chaîne indépendante franco-allemande ARTE qui diffusera le film à une heure de grande écoute à 20h45, le 13 octobre, mais aussi du soutien de la société indépendante Bonne Pioche, entre autres productrice de La Marche de L’Empereur, du programme documentaire Rendez-vous en terre inconnue sur France 2, une pipolisation réussie au service d’une sensibilisation écologique.
Dans des conditions idéales, le duo d’enquêteurs suit une logique d’investigation implacable. Reprenant, au début du film, le “parlons-en!” lancé par la PDG d’Areva, Anne Lauvergeon, au sujet de la peur suscitée par les déchets nucléaires, évoquée lors d’un journal télévisé, l’enquête repose alors sur la transparence affichée d’Areva. S’ensuit un périple autour des sites marquant l’histoire des déchets nucléaires.
La caution scientifique
Où se retrouvent-ils? Quels niveaux de radioactivité dégagent-ils? La caution scientifique viendra des ingénieurs en physique nucléaire de la Commission de Recherche et d’information Indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) qui accompagneront les enquêteurs sur les sites pour faire des prélèvements pertinents et les analyser ensuite au laboratoire, en France.
Créée au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl en 1986, la CRIIRAD est une association à but non lucratif, indépendante de l’état, des exploitants du nucléaire et des partis politiques. Complètement financée par plus de 4000 adhérents, elle mène ses propres investigations et diffuse les informations recueillies à l’attention des citoyens et de leur santé et environnement. Les ingénieurs de la CRIIRAD et son laboratoire d’analyse spécialisé et agrée pour les mesures de la radioactivité dans l’environnement permettent ainsi d’évaluer l’impact des installations nucléaires, de rechercher les pollutions, de contrôler la chaîne alimentaire et les objets du quotidien.
Déchets, le cauchemar du nucléaire
par arte
Tcheliabinsk, la première catastrophe nucléaire oubliée
La radioactivité s’écoute avec les fameux bip-bip sonores du radiamètre réagissant à la haute radioactivité de la rivière Tetcha, facile d’accès pour les villageois russes de la région de Tcheliabinsk. Premier Tchernobyl caché sur le site de Mayak, en 1957, l’accident nucléaire est resté secret. En pleine guerre froide, les autorités russes avaient préféré, à la protection des 300 000 personnes regroupées sur un territoire de 800km², le maintien du secret du lieu de production du plutonium. Et à l’ingénieur de la CRIIRAD, Christian Courbon, d’imaginer les pêcheurs s’approvisionner, aujourd’hui, dans cette rivière, mesurée 50 fois le niveau de radioactivité naturelle… Un poisson capté en pleine nuit dans la Tetcha fut ramené en France pour être analysé par la CRIIRAD.

Crédit Photo: Laure Noualhat
Aucune contre-indication réelle pour les habitants d’éviter cette rivière, parce qu’officiellement, selon l’adjointe du ministre de la sécurité nucléaire et écologique de la région, Svetlana Kostina, il n’y a pas de radioactivité; elle est officiellement au-dessous de la dose préconisée par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA). Or, on apprend alors qu’il existe une interdiction de s’approcher de la Tetcha, datant seulement de 1993, à l’arrivée au pouvoir de Boris Eltsine et de la perestroïka… Le panneau d’interdiction sera alors posé par des associations russes et non par le pouvoir public. Seuls 2 militaires seront affectés à la surveillance de la rivière longue de 240km.

Scène de vie à Tcheliabinsk - Crédit Photo: Laure Noualhat
Abandonnés des autorités, vivant dans la précarité sans possibilité de refaire une vie ailleurs et attachés à la terre de leurs ancêtres, les villageois vivent comme si de rien n’était. Ils traient leurs vaches dont ils boivent le lait contaminé. Objets d’analyses médicales régulières, ignorant jusqu’aux résultats des tests subis, ils se savent condamnés. Résigné devant cet abandon des autorités, un villageois, impassible, lance: “nous sommes des cobayes ; c’est notre destin”. Film oblige, une bande-son sensée, signée des musiciens Pierre Fruchard et Etienne Bonhomme, souligne cette sordide histoire vraie. De la mélodie s’échappent en filigrane de légers bips, traces sonores radioactives, le tout entremêlé de sons grinçants. Impossible de faire la sourde oreille à ces histoires de vie délaissées.

Rivière Tetcha - Crédit Photo: Laure Noualhat
La France: entre la Manche et la terre de Russie
Comptant sur la transparence affichée par la PDG d’Areva, les enquêteurs obtiennent un accord pour visiter la centrale de la Hague. Le malaise de l’ingénieur d’Areva à répondre aux questions sur la potentielle contamination des déchets est grand. Hésitant dans le choix des mots, il est finalement secouru par le directeur de la communication de la Hague. Non, affirme-t-il, il n’y a pas de contamination, mot tabou, mais des “traces” mesurées au-dessous du niveau de radiation naturelle.
Le taux référence utilisé par Areva est obsolète, nuance Bruno Chareyon, ingénieur en physique nucléaire, chef du laboratoire de la CRRIRAD. Ce modèle reprend la mesure de la radioactivité du “modèle Hiroshima-Nagasaki”, réduisant les “facteurs risque”. A la place, la CRIIRAD préconise le modèle linéaire sans seuil prenant en compte les doses radioactives faibles, mais bien actives sur le long terme. Ce modèle linéaire sans seuil est, par ailleurs, proposé par l’organisation internationale indépendante, la Commission internationale de protection radiologique (CIPR), et par l’UNSCEAR (United Nations Committee on the Effects of Atomic Radiation), l’organisme international qui évalue les bases de la protection contre les radiations.

Site de la Hague
A la question du bilan du retraitement des matières, notamment de l’uranium, officiellement recyclable à 96%, pourcentage clé de la communication d’Areva pour justifier un nucléaire propre, le groupe fermera finalement l’accès des sites aux enquêteurs. De quoi motiver de plus belle ces derniers dans leur quête de vérité sur le traitement des déchets.
La contamination de la mer au large du site de la Hague d’Areva, nous l’observerons grâce au fonds de documentation conséquent de Greenpeace, accumulé au fil de leurs opérations d’envergure menées. Un extrait de vidéo sous-marine témoigne de l’utilisation de la Manche, plus précisément de la Fosse des Casquets, comme poubelle nucléaire. Y gisent, plusieurs centaines de mètres sous l’eau, des restes des tonnes de fûts éventrés. Les déchets radioactifs ont été dispersés dans la mer. La promesse de la sécurité des fûts pour des siècles n’est pas tenue.
Suite à cette opération, un traité en 1993 interdira l’immersion en mer des déchets radioactifs depuis les bateaux, mais pas depuis les centrales! Aujourd’hui, par les conduites terrestres menant ouvertement à la mer, l’usine de traitement des déchets de la Hague rejette annuellement, en toute légalité, selon Yannick Rousselet, chargé de campagne Greenpeace France, 33 millions de fûts de 200 litres de déchets radioactifs aux traces visibles jusqu’en arctique.
A quand un débat public ?
Comme Laure Noualhat et Eric Guéret, délaisserons-nous enfin une réflexion émotionnelle et stérile autour du nucléaire, dominée sinon par la peur, du moins par l’opacité voire par les propos contradictoires tout azimut? Que penser de la “confiance” dont nous demande de faire preuve, à la fin du documentaire, Bernard Bigot, Haut-Commissaire à l’énergie atomique et conseiller technique et scientifique auprès du gouvernement et du Président? Les autorités publiques sollicitent la confiance des citoyens envers les lois de la physique, envers le sens de la responsabilité des décideurs politiques et industriels, alors que certains d’entre eux ont été pris en flagrant délit d’ignorance ou d’opacité dans le film.
A cet égard, la séquence du débat télévisé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, lors la dernière campagne des élections présidentielles, en dit long sur l’ignorance des politiques sur le nucléaire. Le débat se déroule, de nouveau, sous nos yeux, à coup d’arguments faux dénoncés dans le film.
Déficit démocratique
Mycle Schneider, analyste international sur les questions d’énergie et du nucléaire, explique dans un entretien, la tradition française de laisser la réflexion sur le nucléaire entre les mains de “l’élite de l’élite”, une vingtaine de personnes environ, toutes issues du corps des mines. Cette “aristocratie républicaine” définit la mise en place de la politique énergétique, industrielle, de la recherche et de l’environnement en France. Les politiciens, selon lui, ne s’intéressent pas à la politique énergétique: ils la fuient.
Au regard du déficit démocratique dévoilé dans le documentaire, le “parlons-en!” de Anne Lauvergeon, ce plaidoyer pour une transparence sur les déchets nucléaires, s’avère des plus restrictifs, et d’autant plus opaque au vu du scoop des enquêteurs. Contrairement à la communication d’Areva mettant en avant le pourcentage de 96% des matières recyclables, principalement l’uranium, situé sur le site d’entreposage de déchets de Pierrelatte, seul 10% de ces matières est réellement retraité. Les déchets finissent leur périple sur le site de Tomsk en Russie d’où l’on peut voir les fûts, entreposés à l’air libre, vu de Google Earth. 10% de l’uranium y est alors enrichi et rendu à la France. Le nucléaire ne peut plus être alors présenté comme une énergie propre, recyclable et recyclée.

Site de Tomsk, vu du ciel, par Greenpeace
Pour “un nucléaire rationnel”
Les auteurs militent, non pas pour une politique antinucléaire, mais pour une réflexion rationnelle sur ce sujet, ─ pour la pensée d’”un nucléaire rationnel”, résume Laure Noualhat. Le pari de comprendre le point faible du nucléaire, ses déchets, c’est le tour de force de ce film considéré déjà par beaucoup d’utilité publique.

A l’instar de pays comme l’Autriche, la Suède, la Belgique ou l’Allemagne où le sujet est entré dans le domaine public, ce film donnera-t-il envie aux français, certes particulièrement dépendants du nucléaire pour leur consommation d’électricité, de militer pour un grand débat public engageant l’avenir de l’humanité? La réflexion sur le nucléaire défie notre notion du temps. La durée de vie de déchets s’étend sur 200 000 ans, soit 6000 générations…
A noter: le film sera suivi par l’émission L’avis des autres présentée par Patrick Poivre d’Arvor. Le débat sera alors élargi aux choix en matière d’énergie, d’industrie, d’agriculture et leurs conséquences sur l’environnement.
Pour en savoir plus, le livre Déchets, le cauchemar du nucléaire, de Laure Noualhat (ARTE Editions / Le Seuil) retrace en détails l’histoire des déchets du nucléaire, issue de cette enquête aux 200 heures de rush, montée en un film de 97 minutes.
++ Notes ++
Diffusion le mardi 13 octobre 2009 à 20h45. Rediffusion jeudi 15 octobre à 09H55 et jeudi 5 novembre à 03H00 (France, 2009, 98mn)
Ce film a été sélectionné pour le prix Europa 2009 dans la catégorie “TV Current Affairs”. Proclamation des résulats : le 24 octobre 2009.

D’autres documentaires à venir!
La quête de vérité se poursuit pour le réalisateur Eric Guéret et la journaliste Laure Noualhat. Nous attendrons avec enthousiasme leur prochain documentaire respectif sur des sujets tout à fait intéressant pour Ecolo-Info.
Désormais en montage de son prochain documentaire à venir sur France 3, courant premier trimestre 2010, Eric Guéret s’attèle à répondre à la question: comment nourrir 10 milliards d’individus sainement ? Nous y découvrirons, avec l’enquête de la journaliste Isabelle Sapin, la traçabilité de quelques filières alimentaires.
Quant à Laure Noualhat, elle enquête désormais pour le documentaire actuellement en développement, réalisé prochainement par Christine Carrière, et intitulé Carbone Business.
Stéphanie Bui (n’hésitez pas à consulter son site!)
++ Quelques liens ++
- Le site d’ARTE où sont disponibles des interviews de Laure Noualhat et Eric Guéret.
- Encore une interview réalisée par France Inter, pour l’émission la Tête au Carré, en podcast disponible 30 jours.
- Des informations réunies par l’organisation Greenpeace relatives à l’exportation des déchets vers la Russie et plus encore.
- “Elle traque les déchets nucléaires dans le monde”, Interview de Laure Nouahlat dans Ouest France, par Pascale MONNIER, le 11 octobre 2009
- Nos déchets nucléaires sont cachés en Sibérie, Libération, 12 octobre 2009
- Le doc qui met à nu une industrie opaque, Libération, 12 octobre 2009
- Six Pieds sur Terre, le très bon blog de Laure Noualhat
- Le groupe Facebook dédié au documentaire
++ Ouvrages ++



Vérité sur les déchets nucléaires: parlons-en enfin!





















le 13 octobre 2009 à 7:53:
[...] This post was Twitted by ecoloinfo [...]
le 13 octobre 2009 à 12:15:
[...] Ecolo-Info » Réfléchir/Entreprendre » Vérité sur les déchets nucléaires: parlons-en enfin! ecoloinfo.com/2009/10/13/verite-sur-les-dechets-nucleaires-parlons-en-enfin-noualhat-gueret – view page – cached D’immenses cheminées d’où s’étire, à l’infini, un blanc nuageux sur fond de bande son guerrière et, dès les premières secondes du film, le son donne le la: une plongée dans la vie… (Read more)D’immenses cheminées d’où s’étire, à l’infini, un blanc nuageux sur fond de bande son guerrière et, dès les premières secondes du film, le son donne le la: une plongée dans la vie cachée des déchets radioactifs, le tabou du nucléaire. Alors, on oublie vite la beauté bétonnée inspirant en leur temps les photographes Bernd et Hilla Becher; la peur surgit et puis, le rationnel reprend le dessus ─ on se pose alors les bonnes questions. Que renferme donc, sous sa blanche pureté, ce gaz rejeté dans l’air Que deviennent les déchets nucléaires issus des centrales? Et quels en sont les risques? Nous allons enfin comprendre. “L’obligation de subir nous donne le droit de savoir” (Jean Rostand) aime citer Laure Noualhat, avec Eric Guéret, du documentaire Déchets: le cauchemar du nucléaire. (Read less) — From the page [...]
le 13 octobre 2009 à 12:41:
[...] This post was Twitted by phyrezo [...]
le 13 octobre 2009 à 18:19:
Argh! Je râle, râle et râle encore. En Belgique, notre ministre fédéral Magnette veut prolonger la vie de nos centrales alors qu’un accord de 2003 prévoyait leur fermeture progressive. Les journaux titraient tous: “les centrales sont prolongées” alors que ce ministre n’a fait que donner son avis.
Les 3 ministres régionaux se sont opposés à cela, mais malgré tout, il maintient sa position.
Cette prolongation fait suite à la publication d’un rapport disant qu’en l’état actuel des choses, la Belgique risquait de manquer d’énergie.
Ce qu’ils ne précisent pas dans les journaux, c’est que le rapport dit aussi qu’au vu des investissements probables dans les énergies renouvelables on peut au moins fermer les 3 plus vieilles.
Mais pourquoi les journaux font de la désinformation à ce point?
Et je vois que ça fonctionne très bien quand j’en parle avec des amis supposés suivre l’actualité quotidiennement.
J’aimerais que les gens se mobilisent mais la pétition sur internet ne rassemble que 400 voix!
le 14 octobre 2009 à 0:14:
En Europe, seules la Belgique et la France (avec respectivement une part de marché de 55 et 75 %) choisissent résolument l’énergie nucléaire… Et ce n’est pas un hasard si dans ces deux pays, GDF Suez, actionnaire majoritaire d’Electrabel est le plus fort.
Nucléaire et facture énergétique : 46% des Belges se font donc, une fois … des illusions …
Alors, oui, interrogeons-nous sur le nucléaire. Et sur tout le reste, y compris les indispensables et radicales réductions de consommation que nous devrons mettre en œuvre. La fermeture des centrales, ce n’est pas un choix idéologique ou dogmatique, c’est tout simplement une question de bon sens. Car par-delà les questions de coût, de dangerosité et d’impact environnemental, l’industrie de l’atome est condamnée à terme.
Quel sera notre potentiel de consommation énergétique à l’avenir ? Comment allons-nous produire cette énergie ? Que faut-il faire maintenant pour y parvenir ? Quelle est la place du nucléaire dans tout cela (un frein, un accélérateur, une roue de secours) ? Quelle place donner aux améliorations technologiques ? Quelles modifications de comportement nous faudra-t-il adopter ? Quel avenir donnons nous à nos enfants ? Le forum, vaste Blague … (strictement composé d’entreprises et organisations qui bénéficient de l’énergie nucléaire en Belgique - Le Forum regroupe surtout des entreprises du groupe Suez) …
Nous avons besoin d’un vrai débat avec confrontation des faits et des scénarios, hélas, on nous cache trop de chose ?
le 14 octobre 2009 à 13:13:
bonjour ! Je lis vos commentaires au lendemain de la diffusion du documentaire sur ARTE et de la présence de la PDG d’Areva, Anne Lauvergeon, au Grand Journal de Canal+ …
Les enquêteurs du documentaire ont été clairement étiquetés par la PDG de militants antinucléaires…Un travail d’enquête invalidé par la PDG en une phrase et ce, auprès de quelques millions de téléspectateurs…
Dans ce contexte, comment créer un débat sur le sujet du nucléaire ? Là est, il me semble, le grand défi à relever en ces temps de communication incessante pouvant s’avérer aussi très créative. Quelle forme pourrait prendre un “buzz nucléaire” pour que les citoyens s’emparent du débat ?
le 14 octobre 2009 à 18:23:
J’ai vu le documentaire hier soir.
Et cela me conforte dans ma position.
Encore et toujours, je me demande quel serait l’argument qui pourrait convaincre les autres que le nucléaire n’est pas une solution.
Car à chaque fois que j’en parle, je me sens démunie face à tant de préjugés profondément ancrés.
le 16 octobre 2009 à 0:01:
Je n’ai pas vu ce documentaire mais je trouve votre commentaire édifiant.
Quant aux informations rationnelles, elles sont indéniables mais je trouve que vous faites comme la plupart des militants écolos. Vous mélangez des arguments de types différents.
Des arguments de nature économique et d’autres plus émotionnels.
le 16 octobre 2009 à 6:57:
Excellent article. Merci.
Ce film est vraiment un monument.
Il est d’une qualité informative équivalente au film “Une vérité qui dérange” d’Al Gore.
- Le film d’Al Gore a fait connaître au grand public la manière dont agissent les lobbies des énergies fossiles aux USA pour tenter de cacher l’origine anthropique du changement climatique. Il a permis aussi d’exposer de manière très pédagogique les dangers que représente un réchauffement brutal du climat pour l’homme.
- Le film de Laure Noulhah confirme au grand puclic l’opacité étouffante qui règne dans le monde du nucléaire. Il permet aussi d’exposer de manière très pédagogique les dangers durables que constituent cette filière énergétique non renouvelable et non durable.
DEUX CENT MILLE FOIS MERCI à Laure Noulhah et à d’Eric Guéret ainsi qu’à ARTE TV pour ce remarquable travail d’information.
Ce film d’utilité publique, à diffuser dans tous les lycées et universités de France, est un chef-d’oeuvre.
Pour les 6000 générations à venir.
le 16 octobre 2009 à 20:04:
Bonjour Mistergreengenes,
Je suis très intéressée par votre commentaire, par ce que vous avez perçu comme un mélange des arguments de nature économiques et d’autres plus émotionnels et ce, d’autant plus que j’ai voulu mettre l’accent sur le côté rationnel de l’enquête menée, car c’est cela qui importe. Je ne suis pas militante antinucléaire. Je me suis vraiment intéressée à cette industrie à l’occasion de ce film.
L’émotion, oui, quand on voit la douleur sur des visages et qu’on l’entend avec des mots très durs. La mentionner, est-ce pour autant, dans ce cas-ci, réducteur et non valable parce que pas chiffrable ? J’ai souligné ce qui est l’une des conséquences de l’activité nucléaire : la destruction de vie à petit feu et qui plus est, dans l’indifférence. Cette destruction, on l’a vue dans le film, elle est suivie, testée en laboratoire, exprimée par les villageois, le tout ignoré des autorités russes qui déconseillent simplement la fréquentation de la rivière hautement contaminée. Cette souffrance n’est pas chiffrée, rationalisée en l’état, puisqu’elle est grossièrement ignorée. Mais, elle est belle et bien présente.
Nous avons la chance ici de pouvoir relayer une parole interdite, c’est alors de l’information pour nous autres, qui ne savons peut-être pas ce qui se passe autour de ce site russe, par exemple. Ignorer ces vies, ne pas mentionner cette réalité, serait de la désinformation, selon moi. On sait bien que les chiffres ne disent pas tout et qu’ils partent d’un certain postulat, sujet des plus délicats dans le nucléaire où la bataille de la mesure de la radioactivité fait rage. Voilà une idée de débat public : déterminer un seuil de radioactivité applicable par tous, histoire qu’on puisse comparer le comparable.
Quand au “buzz nucléaire” de mon commentaire, oui, pour lancer le débat autrement, pour intéresser les gens à cette question, pour qu’elle s’élève au-dessus du pour ou contre et se recentre sur les choix, sur ce qu’ils impliquent, sur les sacrifices prêts à faire pour bien vivre, sur ce qu’il serait peut-être possible de faire etc. Mais réfléchir à une échelle de long terme relève du défi pour nous tous.
le 04 janvier 2010 à 23:24:
[...] Un article paru sur Ecolo-Info le 13 Octobre 2009 [...]
le 07 janvier 2010 à 15:14:
[...] http://ecoloinfo.com/2009/10/13/verite-sur-les-dechets-nucleaires-parlons-en-enfin-noualhat-gueret [...]
le 18 janvier 2010 à 16:49:
Des déchets radioactifs dans nos objets quotidiens
http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Des-dechets-radioactifs-dans-nos-objets-quotidiens-_39382-1216269_actu.Htm
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MOBILISATION CONTRE l’AJOUT de SUBSTANCES RADIOACTIVES dans les BIENS DE CONSOMMATION et les MATERIAUX DE CONSTRUCTION.
La CRIIRAD demande l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009
http://www.criirad.org/mobilisation/5mai2009.html
…. LA MOBILISATION
Pour avoir le maximum de chances d’aboutir, la demande d’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009 doit être relayée par le plus grand nombre de particuliers et d’associations.
Il faut montrer aux responsables politiques que les citoyens français sont attachés à la préservation de leur environnement quotidien et prêts à se mobiliser pour le défendre ; que les consommateurs ne veulent pas que les produits qu’ils trouvent sur les rayonnages des magasins puissent être fabriqués avec des matériaux contaminés, même à faibles doses ; qu’ils ne souhaitent pas devoir contrôler leur habitation pour s’assurer qu’elle n’est pas construite avec des matériaux radioactifs.
Un dossier explicatif accompagné de cartes postales à l’adresse des ministères a été envoyé début novembre aux 4 500 adhérents de la CRIIRAD. Une fois encore, l’association compte sur eux pour constituer le fer de lance de son action… mais cela ne suffira pas. Pour réussir nous devons être bien plus nombreux à nous mobiliser.
VOUS POUVEZ, VOUS-AUSSI, APPORTER VOTRE CONTRIBUTION en participant à la campagne contre l’ajout de substances radioactives dans les biens de consommation et les matériaux de construction.
ECRIRE AUX MINISTRES
Pour participer à la campagne, il vous suffit d’écrire aux 3 ministres concernés (au moins à l’un d’entre eux).
- Pour cela, vous pouvez, utiliser les MODELES DE LETTRES rédigés par la CRIIRAD pour chacun des ministres compétents pour abroger l’arrêté du 5 mai 2009 : ministre de la santé ; ministre de l’économie (en charge de la consommation) ; ministre de l’écologie (en charge de la construction).
Dans ce cas, il vous suffit d’imprimer le pdf ci-dessous et de le découper pour séparer les 3 courriers. N’oubliez pas d’ajouter vos coordonnées et de signer avant de les envoyer, sous enveloppe affranchie, aux adresses des différents ministères.
Pdf : modèles de lettres aux ministres
- Vous pouvez aussi adresser aux ministres compétents un COURRIER PERSONNALISE : écrit avec vos propres mots, traduisant votre expérience, votre sensibilité, les enjeux qui vous tiennent le plus à cœur, il aura encore plus de poids. Dans ce cas, pour plus d’efficacité, nous vous recommandons de préciser que votre intervention s’inscrit dans le cadre de la « campagne CRIIRAD pour l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009 ».
Dans tous les cas, MERCI DE NOUS TENIR INFORMES de vos démarches. Nous pourrons ainsi suivre l’évolution de la mobilisation et utiliser au mieux les soutiens pour nos interventions auprès des médias et des autorités. Vous pouvez nous envoyer, par voie postale, le 4ème coupon des modèles de lettre ou nous écrire à : contact@criirad.org